TEXTES SPIRITUELS - ÉPARCHIE ORTHODOXE DE PARIS - FRANCE DU PATRIARCAT DE KIEV UKRAINE

Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

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TEXTES SPIRITUELS

Lettre de Carême 2018 sur la prière de Saint Ephrem le Syrien

 

Prière de saint Ephrem le syrien.

Seigneur et Maître de ma vie, l’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination et de paroles faciles, éloigne de moi.
L’esprit de pureté, d’humilité, de patience et d’amour (en grec: agapé), Donne à ton serviteur.
Oui, Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère, car tu es béni aux siècles des siècles. Amin.

Ma première lettre de Carême pour cette année 2018 sur cette prière : nul ne peut simultanément voir ses péchés ou juger son frère. Ce sera l’un ou l’autre. Souvent celui qui juge son frère l’accuse en réalité de ses propres péchés qu’il refuse de voir en lui. Le discernement est tout autre car le discernement procède de l’humilité et celui qui comme un père discerne les fautes de ses enfants ne les y enferme pas en leur disant : « Tu ne changeras jamais ! » Le Père corrige en espérant la transformation de ses enfants. Il ne les enchaine pas dans le péché. 
Celui qui voit ses péchés, nous enseigne Saint Isaac le Syrien, est plus grand que celui dont la prière ressuscite un mort. Car celui qui ressuscite un mort n’a ressuscité qu’un mort extérieur, alors que celui qui voit ses péchés et verse des torrents de larmes sur eux, ressuscite son mort intérieur. C’est pourquoi celui-ci est plus grand que le premier. Chaque mot de la prière a un sens matériel connu de tous et une signification spirituelle enseignée par les Saints Pères. Oisiveté mot que l’on peut traduire par paresse dans son sens matériel, parle d’une personne qui n’aime pas travailler, faire un effort, faire le ménage dans sa maison, qui se repose sur les autres dans son travail, etc. Pour les Pères et pour Saint Ephrem le Syrien, lorsqu’ils parlent de l’oisiveté ils parlent de la paresse spirituelle : de ne pas prier, de ne pas être attentif aux règles de prière monastiques et celle des croyants qui se font en Carême, d’être absent à la liturgie et de ne pas écouter la voix  de l’Esprit qui nous appelle à la prière ! Voila la véritable paresse ou oisiveté ! Le découragement matériel concerne des situations que tous connaissent aujourd’hui soit dans les épreuves de leur travail, soit dans sa propre famille à la suite d’un héritage ou d’un divorce ou même dans le mariage, soit dans des maladies, soit dans des problèmes administratifs, la liste est sans fin...Pourtant pour les Pères le découragement n’est aucun de ceux-là : c’est le découragement sur soi-même devant des passions anciennes qui malgré nos efforts, nos prières et nos larmes nous accablent encore et ne se déracinent que difficilement. C’est le découragement dans les épreuves que Dieu permet dans notre vie au sein de l’Élise dans laquelle nous avons cru y trouver la paix et nous y avons rencontré la guerre, nous avons cru y trouver l’humilité et nous y avons trouvé l’ambition et le carriérisme. Nous avons cru y trouver l’amour et nous y avons trouvé la haine : tous les Saints ont été confrontés aux habitants illicites de l’Élise qui humainement semblent en faire partie, mais qui sont en réalité des disciples de Satan. Ce sont ces faux serviteurs de l’Élise qui persécutent les Saints. Mais cette tentation du découragement beaucoup de Saints l’ont connu. Saint Nectaire d’Egine, chassé injustement du Patriarcat d’Alexandrie devient comme métropolite simple prédicateur des paroisses de l’Ile d’Eubée en Grèce, accablé d’une mauvaise réputation de vie immorale, de la part d’évêques ambitieux, entend le peuple rassemblé dans l’église crier : Anaxios! Il est indigne ! Dès qu’il commence à faire son homélie. Il en sera de même le dimanche suivant. Alors oui ! Le Saint est tombé un moment dans le découragement et des larmes me viennent en vous racontant ce récit. Mais saint Nectaire d’Egine intérieurement demande au Seigneur la force de se présenter une troisième fois devant le Saint Peuple de Dieu trompé par ses hiérarques. Nectaire dit au Seigneur : « Seigneur, si cette fois-ci encore je ne peux pas parler de Toi au Saint Peuple, alors j’abandonnerai ! »
Et là, miracle ! Des lettres d’Egypte étant parvenues aux habitants de l’Ile d’Eubée, provenant du Peuple Orthodoxe du Patriarcat d’Alexandrie, témoignent de la sainteté du Métropolite Nectaire et des horribles calomnies répandues sur lui. Le Peuple Royal de l’Ile d’Eubé se mit à applaudir chaque mot prononcé par le Saint et en criant : Axios! Axios! Axios! Il est digne! «Ne nous soumet pas à l’épreuve. » Du Notre Père est la prière de tous les Saints de l’Élise. Oui le découragement survient souvent dans l’authentique vie spirituelle et comme le dit un Abba : « Il ne faut pas que le moine se décourage au moment du découragement ! ». Cette parole signifie que l’épreuve du découragement et parfois de son frère le désespoir, accompagne toute sa vie le véritable Orthodoxe. Il n’existe pas de vie spirituelle sans épreuves la Croix que le Christ nous demande de porter chaque jour est l’acceptation des épreuves que Dieu permet et dont les deux branches sont fixées par les clous du découragement. Domination, orgueil, esprit de puissance, pouvoir etc. sont des synonymes qui ont leur place dans le monde. Existe-t-il un véritable sens spirituel qui différencierait le sens commun de ces mots d’une signification spirituelle toute autre ? Il est certain qu’il existe dans le corps institutionnel, c’est-à-dire les structures humaines de l’Élise, qui est rappelons-le divino-humaine, des rapports d’ordres hiérarchiques qui s’apparentent à ces passions telles que désir de pouvoir et celui d’écraser les autres pour y parvenir, auxquels s’ajoutent un véritable combat politique. Mais il ne s’agit pas là du véritable Corps du Christ qui constitue l’Élise Orthodoxe l’épouse immaculée du Christ. Mais ce que nous demandons dans la prière de Saint Ephrem est bien sûr que ces péchés disparaissent de l’Eglise. Le désir de pouvoir peut se manifester d’une façon beaucoup plus subtile et se dissimuler pour un prêtre dans sa relation avec les personnes qui viennent se confesser à lui. Comme pour certains croyant qui se voyant sollicité par une personne en difficulté, se croit autoriser à lui donner des conseils, par exemple pour sa vie conjugale, alors que lui-même a connu des déboires, a été infidèle, a divorcé et a été en réalité sans discernement dans ses vies successives de couple ! Que de tristes exemples de ce genre nous côtoyons chaque jour... En ce temps de Carême rentrons en silence et dispensons-nous de conseils pour les autres. Cherchons à discerner nos péchés et non pas dans une fausse sollicitude qui s’apparente à l’orgueil à corriger ceux des autres. Les « paroles faciles » s’appliquent à la précédente demande. Mais elles ont, également un autre sens. Combien de fois j’ai observé un manque de temps de silence parmi le clergé comme les fidèles après la communion Eucharistique lorsque le Christ Eucharistique est PRÉSENT en nous et parle directement à notre cœur. Beaucoup LUI préfèrent, alors que le Christ est PRÉSENT en eux, des « paroles faciles » dont le triste bouquet de fleurs et de fruits empoissonnés, est d’une trop grande variété. Ragots, médisances, nouvelles de ce monde...« il a dit ceci, elle a dit cela... Savez-vous qu’il est arrivé ceci. Le pauvre il lui est arrivé cela...» Là résonne en moi avec des larmes les paroles inoubliables du grand Starets Cleopa de Sihastria entendu en 1974  et que je résume ici : « Père Michel lorsque vous avez communié le Christ Eucharistique est en vous: entrez en silence et écoutez-Le  et adressez-vous à Lui en murmurant Son Nom « Jésus, Jésus, Jésus. » La dernière strophe de la prière de Saint Ephrem le Syrien : « Donne-moi de voir mes péchés et de ne pas juger mon frère » permet d’un seul coup d’éviter les pièges et les passions évoquées dans les trois premières demandes.

Celui qui voit ses péchés dans la lumière de l’humilité qui vient du Saint Esprit prie à son insu constamment dans l’auto-accusation et ne connaît plus l’oisiveté spirituelle. Pour lui le découragement s’est transfiguré en une prière inspirée par celle que Pierre, se voyant engloutir dans les eaux, adressa en criant au Christ : « Seigneur Jésus, sauve-moi ! » Il y ajoute : « Seigneur Jésus, sauve-moi ! Je suis le pire de tous ». Sans cette prière le découragement et le désespoir de celui qui se voit presque englouti dans l’eau tumultueuse de ses passions et des épreuves se sont transformés en une énergie nouvelle pour prier. Dans cette prière : « Seigneur Jésus Sauve moi ! Qui suit le pire de tous.  » Absence totale de paresse spirituelle, d’orgueil et de parole facile.

Nous parlerons vers la fin du Carême avant la Grande Semaine de la seconde partie de la Prière de saint Ephrem le Syrien.

+ Métropolite Michel ( Laroche ) de l’Éparchie Orthodoxe de la Diaspora ukrainienne  de Paris de toute la France, et de la petite France (Québec) .


 

 

 

 


 

 

Existe-t-il d’autres Églises en dehors de l’Eglise Orthodoxe ? 

 

Existe-t-il d’autres Églises en dehors de l’Eglise Orthodoxe ? Je ne trouve pas inutile de me répéter en répondant à la question souvent posée s'il existe d’autres Églises en dehors de l’Eglise Orthodoxe ? C’est la théorie des branches selon la quelle toutes les églises : monophysites, nestoriennes, protestantes, romaines etc. composeraient avec l’Eglise Orthodoxe un seul organisme avec des branches (chacune de ces églises) attachées à l’unique tronc Notre Seigneur Jésus Christ. Notre réponse est claire le Christ n’est pas bigame ni trigame ni... le Christ est l’Epoux de l’Unique Église avec laquelle il fait une seule chair lui conférant alors pour l’éternité son caractère Divino-humain. Chez nous dans l’Eglise Orthodoxe on ne sépare pas la Vérité dogmatique de l’Hypostase du Verbe Chair Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Le Christ est la Vérité et la Vérité est le Christ. Toute la Révélation, toutes les définitions dogmatiques des 7 Conciles Œcuméniques et des Conciles généraux tels que ceux de Constantinople qui définirent la théologie dogmatique de la Lumière et des énergies Incréées, découlent de la personne ( hypostase) du Christ au point que l’on ne pourrait placer un cheveux entre le Christ et chaque point précis des définitions dogmatiques définies sous l’inspiration du Saint Esprit par les Saint Pères des 7 Conciles Œcuméniques et par Saint Grégoire Palamas lors des Conciles de Constantinople (1347-1351). En d’autres termes la Vérité dans l’Eglise Orthodoxe n’est pas un sujet de dissertation, de discussion, mais elle est reçue comme une « théoria » contemplation par l’Eglise Orthodoxe qui vit et respire dans l’Esprit Saint de La Vérité, Par la Vérité, En la Vérité. Et nous proclamons aussitôt que nous disons exactement la même chose en écrivant que l’Eglise Orthodoxe vit et respire dans l’Esprit Saint du Christ, par le Christ et En Christ. Celui qui bien que chrétien se sépare volontairement d’un point quelconque de la Révélation, ou d’une définition dogmatique promulguée par les 7 Conciles Œcuméniques, et professe une hérésie n’appartient plus à la Vérité qui est le Christ. Cela signifie qu’il n’est plus membre de l’Eglise Corps du Christ, Car notre communion au Christ ne peut artificiellement se réaliser uniquement, mécaniquement par une succession apostolique ininterrompue, ni affectivement dans un élan mystique en laissant de côté ce qui est consubstantielle au Christ : la Vérité ! Puisque la Vérité EST le Christ. Cependant nous pouvons parfois trouver chez les Pères et plus généralement dans chacun de nous des termes inappropriés sur telle ou telle sujet de la théologie dogmatique ou des théologouménas sur des points qui n’ont pas encore reçu de confirmation par un concile œcuménique. Si le Père ( ce qui est évident sinon il ne serait pas un Père de l’Eglise) ou nous-mêmes, affirmons confesser tout ce que l’Eglise Orthodoxe confesse et rejeter tout ce qu’elle rejette, et de nous soumettre à l’avance à ses prochaines définitions en matière de dogmes: dans ce cas l’économie s’applique en ce qui concerne la non exactitude absolue de notre confession de foi sur un sujet précis; car il n’y a de notre part aucun entêtement dans une éventuelle erreur. Nous confessons la foi orthodoxe et nous avons simplement des hésitations de formulation pour nous rendre transparent à la proclamation de la Vérité qui est répétons-le, le Christ. Saint Vincent de Lérins a une formule parfaite qui définit la Tradition : c’est ce que les Pères ont défini ensembles qui doit être tenu pour la Tradition, et non pas ce que l’un d’entre eux aurait dit comme un enseignement particulier. Nous donnant à comprendre que sur certains sujets l’Eglise ne s’étant pas encore exprimée un Père avait pu faire une proposition qui ensuite, n’a pas été reprise par l’ensemble des autres Pères. Dans ce cas précis l’économie s’applique : l’hérésie commence alors dans l’obstination à confesser ce que l’Eglise condamne. L’´hérésie commence bien entendu par le mensonge dont le Père est Satan, mais de la même manière qu’une tentation n’est pas un péché et que l’on peut lutter contre et ne pas chuter, hésiter sur une définition ne devient la proclamation d’une hérésie, qu’à partir de l’instant où celui qui la professe s’entête dans son obstination à refuser la confession de Foi Orthodoxe. Proclamer la Parole de Vérité est toujours un charisme, car sans la venue du Saint Esprit qui nous rappelle tout ce que le Chris a enseigné, il n’existe ni ni Evangile, ni Église, ni Conciles, ni Traditions, ni œuvres des Saint Pères, ni saints + Métropolite Michel LAROCHE

 

 

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Chez nous dans l’Église Orthodoxe on ne sépare pas la Vérité  dogmatique de l’Hypostase du Verbe Chair Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Le Christ est la Vérité  et la Vérité  est le Christ.

Toute la Révélation , toutes les définitions dogmatiques des sept Conciles Œcuméniques et des Conciles généraux tels que ceux de Constantinople qui définirent la théologie dogmatique de la Lumière et des énergies Incréées, découlent de la personne ( hypostase) du Christ au point que l’on ne pourrait placer un cheveux entre le Christ,  et chaque point précis des définitions dogmatiques définies sous l’inspiration du Saint Esprit par les Saint Pères des 7 Conciles Œcuméniques et par Saint Grégoire Palamas lors des Conciles de Constantinople (1347-1351). En d’autres termes la Vérité  dans l’Eglise Orthodoxe n’est pas un sujet de dissertation, de discussion, mais elle est reçue comme une « théoria » contemplation par l’Eglise Orthodoxe qui vit et respire dans l’Esprit Saint de la Vérité  , par la Vérité , en la Vérité.  Et nous proclamons aussitôt que nous disons exactement la même chose en écrivant que l’Eglise Orthodoxe vit et respire dans l’Esprit Saint du Christ, par le Christ et En Christ. Celui qui bien que chrétien se sépare volontairement d’un point quelconque de la Révélation, ou d’une définition dogmatique promulguée par les 7 Conciles Œcuméniques, et professe une hérésie n’appartient plus à la Vérité  qui est le Christ. Cela signifie qu’il n’est plus membre de l’Eglise Corps du Christ, Car notre communion au Christ ne peut artificiellement se réaliser uniquement affectivement dans un élan mystique en laissant de côté ce qui est consubstantielle au Christ : la Vérité  ! Puisque la Vérité  EST le Christ. Cependant nous pouvons parfois trouver chez les Pères et plus généralement dans chacun de nous des termes inappropriés sur telle ou telle sujet de la théologie dogmatique ou des théologouménas sur des points qui n’ont pas encore reçu de confirmation par un concile œcuménique. Si le Père ( ce qui est évident sinon il ne serait pas un Père de l’Eglise) ou nous-mêmes, affirmons confesser tout ce que l’Eglise Orthodoxe confesse et rejeter tout ce qu’elle rejette, et de nous soumettre à l’avance à ses prochaines définitions en matière de dogmes: dans ce cas l’économie s’applique en ce qui concerne la non exactitude absolue de notre confession de foi sur un sujet précis; car il n’y a de notre part aucun entêtement dans une éventuelle erreur. Nous confessons la foi orthodoxe et nous avons simplement des hésitations de formulation pour nous rendre transparent à la proclamation de la Vérité qui est répétons-le, le Christ. Saint Vincent de Lérins a une formule parfaite qui définit la Tradition : c’est ce que les Pères ont défini ensembles qui doit être tenu pour la Tradition , et non pas ce que l’un d’entre eux aurait dit comme un enseignement particulier. Nous donnant à comprendre que sur certains sujet l’Eglise ne s’étant pas encore exprimé un Père avait pu faire une proposition qui ensuite, n’a pas été reprise par l’ensemble des autres Pères. Dans ce cas précis l’économie s’applique : l’hérésie commence alors dans l’obstination à confesser ce que l’Eglise condamne. L’hérésie commence bien entendu par le mensonge dont le Père est Satan, mais de la même manière qu’une tentation n’est pas un péché et que l’on peut lutter contre et ne pas chuter, hésiter sur une définition ne devient la proclamation d’une hérésie, qu’à partir de l’instant où celui qui la professe s’entête dans son obstination à refuser la confession de Foi Orthodoxe. Proclamer la Parole de Vérité est toujours un charisme, car sans la venue du Saint Esprit qui nous rappelle tout ce que le Chris a enseigné, il n’existe ni Évangile, ni Église, ni Conciles, ni Tradition ni œuvres des Saint Pères, ni saints.

 

 

+ Métropolite Michel LAROCHE

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Lettre de Noël 2017

(7 Janvier 2018) de Son Éminence le Métropolite Michel Laroche.

 

 

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« TROUVER LA PAIX PAR LE PARDON »

 

 

Combien de fois dans ma vie pastorale j’ai entendu des personnes désemparées m’interroger: «Vladika comment trouver la paix intérieure ? » je leur répondait invariablement : « En pardonnant, il n’y a que cette voie qui conduise à la Paix du Christ. »

Le pardon qui précède l’amour des ennemis accompagné de la prière permanente pour eux, est certainement le charisme, (car nous insistons en affirmant que c’est un don gratuit du Christ), qui immerge l’âme dans la Paix du Christ.

Le pardon est la porte éternelle de la paix. Le pardon se laisse crucifier sur La Croix de Celui qui se livre au sacrifice de La Croix en pardonnant.

Pourtant le mot « Pardon » en français est infirme, insuffisant pour contenir tout ce que le véritable pardon contient. Le Christ parle de remise de dettes en nous demandant de Prier dans le « Notre Père » : « Remet nous de nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs. »Les Pères de l’Eglise nous expliquent que lorsque le Christ rachète avec Son Corps flagellé et transpercé, son visage souffleté, sa tête couronnée d’épines et Son Sang versé, la dette de nos péchés, comment la dimension de cette remise de nos dettes est sans limite à condition que nous le désirions, car le pardon ne s’impose pas. Les Pères enseignent que les deux poumons spirituels de l’âme qui la remplissent de l’Esprit Saint, l’auteur de la prière, sont, le premier poumon : l’humilité profonde qui se conjugue avec la metanoïa ( repentir) et les gémissements du Publicain et les larmes de la pécheresse; le second poumon : le pardon illimité et l’amour des ennemis. Le pardon autrement dit la remise des dettes de nos prochains se puisent dans l’énergie du pardon recueillie et acquise par le Christ sur La Croix. Nous ne pardonnons pas uniquement de notre propre fond, nous pardonnons en synergie avec notre libre arbitre et la grâce du pardon qui provient de La Croix. Sans le préalable de La Croix aucun pardon n’existe, aucun pardon n’ est possible. Le pardon avant que ne se produise dans l’histoire La Croix, était inscrit avec La Croix qui lui est consubstantielle dans le plan divin du salut, avant même la création du monde. Notre monde prévu, voulu et enfin créer par Dieu, qui a périclite avec la chute d’Adam, puis a été maintenu dans sa forme actuel de « monde déchu » n’existerai pas sans La Croix et le pardon qui en procède.
« Pardonnez » se porte comme la Paix avec une couronne d’épines. Car la Paix procède du pardon. Celui qui ne pardonne pas est totalement étranger au Christ! Celui qui pardonne est transparent au Christ. C’est pourquoi le pardon introduit l’âme dans la forteresse de la Paix du Christ.

 

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Les nouveaux « Jeune Homme Riche ». Souvenir d’une rencontre avec le Starets Sophrony, contempleur de la lumière incréée. L’archimandrite Sophronie de Bienheureuse mémoire se place dans la lignée des disciples qui par leur humilité ont fait reconnaître leur Père Spirituel comme Saint de l’Église. Saint Syméon le Nouveau Théologien qui rend un culte dans son Monastère à Saint Syméon Studite et Saint Nicetas Stetatos qui édite l’œuvre et écrit une vie de Saint Syméon le Nouveau Théologien. Je n’hésite pas a dire ( vox populi vox dei) Saint Starets Sophrony qui écrivit la vie et publia les écrits de Saint Starets Silouane. J’ai passé une dizaine de jours au Monastère de Saint John The Baptist en Angleterre à Maldone auprès du Père Sophrony en 1975 ( ou 1976). Les offices comme dans les Skytes du Mont Athos (sauf pour les vigiles du dimanche et des fêtes majeures) étaient tous exclusivement fondés sur l’invocation du Nom de Jésus après les prières initiales. J’ai eu comme de nombreux pèlerins qui venaient dans ce but au monastère plusieures conversations spirituelles avec le Starets. Nous avons évoqué l’importance du baptême des larmes dont il me disait la difficulté d’en parler auprès du peuple britannique pour qui pleurer pour les hommes ne se fait pas. J’ajoute un souvenir personnel qui me lie étrangement au Starets: celui-ci m’interrogeait sur mon métier avant que je devienne prêtre orthodoxe. Je lui racontait que j’étais né dans le milieu de la haute bourgeoisie et de la noblesse parisienne et que ma mère était là sœur du grand couturier disparu Jacques Fath dont le nom est oublié aujourd’hui, mais qui à l’époque était connu dans le monde entier. Mon métier était d’être styliste-couturier dans la haute couture (j’avais réalisé une collection pour Molyneux rue Royal à Paris étant déjà Diacre Orthodoxe en 1968) et dans le prêt-à-porter de luxe (plusieurs collections toujours rue Royale pour Lempereur.) De 1965 à 1968. Le Père Sophrony me révéla alors : « Père Michel nous avons eu le même chemin car je me suis rendu à Paris très jeune avant la guerre de 39-45 et je suis devenu l’assistant du grand couturier Lucien Lelong avant de tout quitter pour me tendre à la Sainte Montagne. ». Des moines du monastère me montrèrent des dessins humoristiques (ils avaient un coup de crayon fantastique) réalisés par le Starets dans un but pédagogique où par exemple il se dessinait réveillant de sa couche un moine qui n’avait pas entendu la cloche l’appelant à l’office. Je regrette ( car je n’ai lu nul part dans ses biographies officielles) que l’on ait pas mentionner son passé artistique et mondain ( car le métier de couturier est impossible à vivre sans une vie mondaine, avec des soirées de fêtes inimaginables et d’être sous le feu des projecteurs de la presse); qu’il a  brutalement abandonné pour suivre le Christ comme je l’ai fait à mon tour en renonçant à une vocation artistique que j’aimais, m’apercevant qu’elle était totalement incompatible avec mon nouveau chemin de prêtre orthodoxe.

 

Mon entré dans le clergé Orthodoxe a été accueilli dans ma famille et dans mon milieu mondain comme une véritable déchéance sociale et perdant presque tous mes amis d’enfances de cette époque. Mais je ne m’étais pas éloignée physiquement comme avait pu l’être le Starets Sophrony en se rendant au Mont Athos, de ce milieux qui restait le mien. En cela notre combat pour quitter le monde était différent. Mais cela a été pour moi un encouragement immense de savoir que comme Saint Syméon le Nouveau Théologien l’archimandrite Sophrony avait comme moi connu une vie mondaine avant de tout quitter pour suivre le Christ. Car cette vie mondaine en ce qui me concerne, même si je ne la vivais plus, avait laissé en moi des cicatrices profondes durant au moins vingt ans! Je le dis sans orgueil car dans ma soixante-quinzième année la pensée de la mort éclaire chaque jour mon chemin, Saint Syméon le Nouveau Théologien, Saint Ignace Briantchninov, le Statets Sophrony sont avec moi le plus indignes de tous, comme le « Jeune Homme Riche » de l’Évangile que le Christ appelle, mais qui à l’inverse de celui-ci, ont tout quitté pour suivre le Christ.

 

+ Métropolite Michel LAROCHE.

 

 

 

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Que dire sur ce miracle? La première des choses qui me vient à l’esprit c’est que dans cette Île de Corfou contre l’attaque des turcs musulmans qui voulaient détruire avec ses habitants chrétiens Orthodoxes et Catholiques les temples des deux Eglises, Saint Spyridon protégeât tous ces habitants et toutes ses églises. La seconde est que dans la cohabitation pacifique entre vénitiens Catholiques et Orthodoxes insulaires, les Orthodoxes sont alors dépendant d’une autorité politique catholique, est qu’un Orthodoxe ne doit jamais absolument jamais aboutir dans ses bonnes relations avec des croyants catholiques à une relativisation des questions de foi, comme on a tendance à l’entendre aujourd’hui en France : « Laissons ces questions de foi aux théologiens; nous sommes tous chrétiens et c’est cela le plus important ! » ou pire : « les différences de dogmes sont mineures : seule la prière compte. » ou encore le pire du pire que j’ai entendu de la part de théologiens « orthodoxes » : « Nous avons surmonté toutes nos divergences dogmatiques qui ne concernaient que des problèmes de traduction et d’interprétation. Seule la question de la primauté pétrinienne reste en suspend. » Je viens de publier « Petit Lexique pour comprendre l’Orthodoxie Ed.Erick Bonnier ». J’y aborde sans agressivité dans un esprit irénique les différences radicales sur des questions dogmatiques entre Orthodoxes et Catholiques, non pas que ce soit là le sujet central de mon Livre que de traiter ces différences, mais que celles-ci apparaissent d’elles-mêmes lorsque l’on tente d’exposer la FOI ORTHODOXE. Nous sommes dans un pays La France qui si aujourd’hui est à force tendance athée, est historiquement un pays depuis 1000 ans Catholique. Je respecte le clergé et les croyants catholiques, mais je leur parle sans agressivité des différences qui continuent d’exister entre Orthodoxie et Catholicisme tant sur le contenu dogmatique que sur la pratique liturgique que sur le contenue même de l’expérience spirituelle. Toute tentative d’union qui laisserait de côté la confession de Foi Orthodoxe constitue une apostasie et est de ce fait vouée à l’échec. J’énumère ici
sans bien entendu les approfondir les principales différences dogmatiques qui nous séparent: la Trinité Sainte: chez nous l’Esprit Saint procède du Père seul. La grâce, lumière, énergies: chez nous la grâce, les énergies divines et la Lumière du Mont Thabore sont incréées. Chez nous la Mère de Dieu sans péché personnelle est purifiée du péché d’Eve par la descente du Saint Esprit inséparable du Verbe lors de l’Annonciation. La Théotokos est dans le mystère de l’Incarnation la première sauvée par Son Fils Jesus Christ comme l’écrit saint Ambroise de Milan et comme la Vierge Marie le proclame elle-même dans le « Magnificat »: « Mon âme magnifie le Seigneur et mon esprit exalte en Dieu MON SAUVEUR » La Mère de Dieu est sauvée et non pas exemptée comme dans la théologie Catholique Romaine. 
Si on interroge un Catholique sur qui est le Chef de l’Eglise, il répondra : Le Pape. La même question posée à un Orthodoxe, celui-ci répondra : Notre Seigneur Jesus Christ ! À l’adoration extérieure de l’hostie le croyant orthodoxe est invité après avoir communier d’adorer dans son propre cœur le Christ Eucharistique qui y repose, fut-il le plus grand des pécheurs. Des secondes noces sont permises aux couples qui ont divorcé et la communion eucharistique leur est donnée par Celui qui a dit: « Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pêcheurs. » A la conception extérieur d’un culte ( longtemps combattu par les évêques catholiques de France lors de sa création au XVIIe siècle) au cœur sacré de Jesus, l’Orthodoxe adorera Jesus dans son cœur avec la petite prière du cœur « Seigneur Jesus Christ Fils de Dieu, que pitié de moi pécheur. » Saint Spiridon donne dans ce miracle un message simple : ne rien ajouter qui viendrait d’une église non-Orthodoxe, même en l’honneur d’un Saint, dans l’Eglise Orthodoxe, ni bien entendu ne rien y retrancher. Saint Spiridon ne demande pas destruction d’une église catholique, il apparaît même avec sollicitude au gouverneur de Corfou. Il refuse simplement tout ajout catholique dans l’Eglise Orthodoxe! Nous pouvons et même devons cohabiter en paix dans l’amour du Christ avec nos frères Catholiques en leur donnant toute la richesse de notre foi, mais surtout sans rien recevoir d’eux sur ce plan, c’est-à-dire sans apostasie. Soyons toujours claire sur notre confession de la foi Orthodoxe ! L’union espérée ne peut être que celle du Fils Prodigue qui revient avec humilité dans la Maison du Père ( l’Eglise). C’est là tout le message du miracle de Saint Spyridon.

 

Métropolite Michel Laroche.

 

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LES SAISONS SPIRITUELLES.

 

 

 

Un disciple interrogea son ABBA: « Mon ABBA explique moi pourquoi lorsque je dis la prière ( la prière du Nom de Jésus) mon âme et mon cœur sont parfois dans une grande ferveur rempli du sentiment d’être un grand pécheur et d’être aimer par Celui qui a dit « Je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pêcheurs » et de recevoir le charisme du baptême des larmes; à d’autre moment d’être comme absorbé par l’amour de l’Epoux au point que mon âme et mon cœur s’oublient en disant « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi! »en murmurant inlassablement le doux nom de Jésus l’époux de notre âme; et qu’à d’autres instants je dois beaucoup lutter pour combattre les pensées qui viennent du monde, des soucis ou des pensées impures et la prière ne vient que laborieusement en m’accrochant comme aux branches d’un arbre dans la tempête au Nom de Jésus; et à d’autres moments mon âme et mon cœur sont comme desséchés plongés dans une sorte de fournaise glaciale, un désert froid et brûlant et crie « Mon âme a soif de Toi! » et que tous les efforts pour dire la prière me paraissent être sans résultat et que je prononce la prière d’une manière mécanique, sans ferveur, et que le Christ ne semble plus l’entendre ni être à proximité ? ». L’´Abba répondit : « Mon Enfant ce que tu décrits est déjà le signe que tu es entrés dans l’authentique voie hésychaste. De la même manière que pour entretenir la terre et la rendre fertile Dieu a créé les saisons et les différences de temps, pour l’âme du moine il lui donne de connaître le printemps avec ses ondés bienfaisantes et son soleil, l’été avec notre être réchauffé par le Soleil Divin, l’automne avec l’alternance du soleil qui se montre moins souvent, du vent, de la pluie, des feuilles des arbres qui tombent et enfin l’hiver qui voit le froid venir régner en maître mais qui nous donne à espérer le retour du printemps. Les saisons spirituelles sont placées par le Seigneur qui tour à tour donne gratuitement à l’humble le charisme de la prière spontanée avec les larmes saintes du repentir, et les lui retire en lui faisant traverser plusieurs combats et épreuves pour ne pas que s’habituant à cet état élevé de la prière, l’âme tentées par l’Adversaire tombe dans l’illusion de croire qu’elle a atteint un état spirituelle permanent et élevé. Les saisons de l’expérience spirituelle sont un chemin nécessaire pour l’hésychaste. Même le grand Antoine notre ABBA à tous a connu un très long chemin de désert de plusieurs années et quand soudain étant au bord, mais seulement au bord du gouffre du désespoir le Christ lui est apparu ; Saint Antoine l’interrogea en lui demandant : « Où étais-Tu Seigneur ? »
Et le Christ Jésus Lui répondit « J’étais toujours là et j’admirai ton combat. » C’est lorsque tu te sens le plus dénudé du Christ, le plus éloigné, et que dans l’auto-accusation tu attribues à tes seuls péché cet éloignement de la perception de la grâce (il te semble ne plus prier, tes yeux comme ton âme et ton cœur te paraissent secs) que le Christ est uni à toi dans le mystère incompréhensible de Sa Croix dans lequel citant un psaume Il s’écrit en expirant : « ABBA ! ABBA ! Pourquoi m’as tu abandonné ? » « Mon enfant seuls les hésychastes les plus expérimentés à leur insu, sont placés par le Seigneur Jésus dans ce dernier combat. Bien plus c’est dans le désert aride intérieur que dans les temps futurs lorsqu’il n’y aura plus de place pour les moines dans le désert de sable, que se trouverons de nouvelles formes de déserts pour le combat des moines. Et lorsque je te dis moines, comme le prophétise saint Syméon le Nouveau Théologien on trouveras dans ces nouveaux déserts des laïques mariés hommes et femmes connaissant les soucis du monde qui dépasseront par leur vie spirituelle de nombreux moines, car l’humilité est supérieure aux offices et aux ascèses pour ceux qui invoquent à tout instant en en faisant leur respiration et les battements de leur cœur l’invocation du Nom de Jésus. »

 

Métropolite Michel Laroche

 

 


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 Lettre de Carême de Noël. 


Je ne partage aucun nationalisme. La fidélité patriotique existe de la part de chaque église locale, qu'elle soit Orthodoxe ou Catholique et cela j'y adhère . Mais le fanatisme nationaliste qui consiste à traiter de démon tel ou tel chef d'État ou même chef d'Église locale, comme s'est répandu aujourd'hui le triste usage au sein même de l'Église Orthodoxe, m'attriste et je ne le partage pas.

 

 

Dans mon Éparchie j'ai des croyants russes qui prient pour que Dieu inspire et protège leur président Wlodimir Poutine; j'ai des croyants ukrainiens qui prient pour que Dieu inspire et protège leur président Petro Porochenko; j'ai des croyants Roumains qui prient pour que Dieu inspire et protège leur président Klaus Iohannis: j'ai des croyants Français qui prient pour que Dieu inspire et protège leur président Emmanuel Macron. J'ai des croyants Italiens qui prient pour que Dieu protège et inspire leur président Sergio Mattarella. J'ai des croyants Québécois qui prient pour que Dieu protège et inspire leur premier ministre Philippe Couillard. Devrai-je dire à l'un d'entre eux ne priez pas pour lui c'est un Satan? Certes non! Suis-je pour cela obligé d'approuver la politique, voir les déclarations de guerre de tel ou tel Chef d'états, Non. Etant français et Métropolite de la France, suis-je obligé de partager toutes les convictions nationalistes de ma propre Eglise Mère l'Eglise d'Ukraine ? Non.

 

En revanche je partage, avec tout l'épiscopat ukrainien les mêmes convictions ecclésologiques de la légitimité pour l'Église Locale Orthodoxe d'Ukraine d'être reconnue comme l'église locale de l'Ukraine; mais cette conviction n'entraîne pas de ma part une participation de quelque nature que ce soit à un combat politique national ukrainien. Ai-je de la compassion pour les souffrances du Peuple Ukrainien.

Oui ! Ai-je de la compassion pour les souffrances du Peuple Russe . Oui ! Ai-je de la compassion pour les souffrances du Peuple Roumain? Oui ! Ai-je de la compassion pour les souffrances du Peuple Français ? Oui ! Ai-je de la compassion pour les souffrances du Peuple Italiens ? Oui ! Ai-je de la compassion pour les souffrances du Peuple Québécois ? Oui !

 

Comme évêque de Jésus Christ suis-je obliger de partager les sentiments irrédentistes des uns contre les autres? Non, absolument non! Mais je dit à tous ukrainiens, russes, roumains, français, italiens , québécois etc; les paroles du Christ en versant des larmes sur leurs souffrances :"Aimez vos ennemis et priez pour eux." Je m'efforce pour la fin de ma vie de prêcher la Paix du Christ qui se porte toujours ( comprenne qui pourra!) avec une couronne d'épines.

 

Carême de la Nativité de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ

2017.+Métropolite Michel de l'Éparchie Orthodoxe Ukrainienne de Paris et de toute la France de l'Église Orthodoxe Ukrainienne -Patriarcat de Kiev.

 


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Ma pensée sur l’Enfer

 

 

 

 

Ma pensée sur l’Enfer. Ma conviction que le feu éternel de l’Hadès existe m’est apparue un jour lors d’une conversation avec un ancien ami, un ancien véritable frère prêtre que j’aimais toujours alors que celui-ci me haïssait. J’avais une conversation difficile avec ce prêtre. Et un moment il interrompt brusquement notre dialogue en criant: « Père Michel cesse de m’aimer c’est insupportable ! »
J’ai plus tard compris en lisant Saint Syméon le Nouveau Théologien et Saint Jean Climaque que c’était le feu de l’amour éternel de l’amour divin qui était pour ceux qui sont morts en haïssant Dieu et leur prochain ce « ver qui ronge toujours » les damnés et qui « Illumine les sauvés ». L’amour de la personne haï est « un feu dévorant ». Leur haine transforme pour eux ce feu bienfaisant de l’amour incréé éternel et divin en flammes qui les brûlent, les flammes de l’amour divin refusé par leur libre arbitre ! Cette phrase : « Cesse de m’aimer c’est insupportable ! » Satan la prononce à chaque instant. Dieu est Amour et Satan est haine, jalousie, envie, indifférence, orgueil, colère, rancune vengeance, et non pardon. Toutes ces passions sataniques qui durant notre vie ne sont pas remplacées par l’amour sont comme « le ver qui ronge » c’est le feu divin de l’amour qui lors de son passage terrestre permet à l’âme et au cœur d’être purifié dans une douleur qui est revêtu du sens de la mort au péché pour une Résurrection à la vie en Christ. Mais en enfer le feu divin ne rencontre pas le désir de purification de l’âme : alors celle-ci est brûlée éternellement par ces propres horribles passions révélées par le Feu de l’Amour Divin. Les âmes damnées se consument dans le feu froid et glacé de leur propre passion révélées par le Feu éternel divin.

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J’ai écrit dans mon Livre « La voie mystique de l’angoisse » Ed. erick Bonnier Paris 2016 un chapitre sur la pensée de l’Enfer » comme voie ascétique dans l’expérience monastique orthodoxe. Je faisais remarquer que de très nombreuses prières ( dont je cite une trentaine) contenues dans les différents offices que lisent chaque jour les moines font allusion au fait que c’est de l’Hadés que le moine prononce cette prière en s’y plaçant ainsi volontairement lors de son passage terrestre durant lequel il a la capacité de prier, car après la mort personne ne prie en Enfer.

Je cite dans mon ouvrage une multitude d’odes de cette coloration spirituelle, méconnue de la majorité des Orthodoxes et qui pourtant appartiennent aux offices du Triode de Carême et des Canons pour se préparer à la communion: « Jésus délivre moi de la condamnation de l’Enfer ». ( Canon de Supplication au Christ Jésus. Ode 3 Strophe 1) « Jésus délivre moi de Géhenne».(Ode 3 Strophe 2) « Vierge pleine de Grâce prie pour que je sois sauvé de Géhenne ». « Jésus arrache moi aux peines de l’Enfer, Jésus Christ sauve celui qui crie vers Toi ». (Ode 5 Strophe 1) « Jeune Vierge et Mère de Dieu Prie Jésus que tu as enfanté De sauver et d’arracher de la Géhenne aire du Christ et les larmes de la Mère  de Dieu au pied de La Croix""  il place son espérance dans La promesses du salut du Christ pour tous les pêcheurs et sur l’incomparable médiation de la Vierge Marie . C’est du fond de la fosse, du fond de l’Hadés que le moine crie sa détresse. À chaque instant il
Place ainsi volontairement la pointe de son âme en Enfer. Cette voie est supérieure à celle de la pensée de la mort. C’est celle qu’un ange a enseigné à ABBA Antoine qui après des années d’ascèse et de méditation sur la mort est conduit par le messager céleste à Alexandrie auprès d’un cordonnier en lui disant qu’il n’avait pas encore atteint le degré Spirituel de cet homme. Antoine passe quelques jours avec ce cordonnier mais ne découvre rien d’extraordinaire. Puis il l’interroge sur sa façon de prier. Celui-ci lui répond : lorsque je rencontre une personne je m’adresse ainsi au Seigneur : « Lui sera sauvé et moi j’irai en Enfer. » ABBA Antoine n’avait jamais rencontré une telle humilité ! 
Je le redis ici ce n’est pas la pureté qui sauve, c’est l’humilité. La pureté extérieure fondée uniquement sur l’ascèse peut être la cause d’autosatisfaction et d’auto-adoration dans l’édification de sa propre idole : le modèle de sois que l’on pense avoir atteint. Alors que se considérer comme le pire de tous et placer volontairement son âme en Enfer introduit l’âme dans le feu purificateur du baptême des larmes.

Métropolite Michel Laroche

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Grand Hymne de l’Ephitaphion (l’Ensevelissement) de la Dormition de la Théotokos se chante pendant la procession de l’Epitaphion 

La Mère de Dieu dans Sa Dormition rassemble l’Eglise naissante, comme la perle de grand prix est présentée dans un nouvel et magnifique écrin. 
La Reine endormie offre au Roi de Gloire comme des joyaux précieux de Sa couronne les Apôtres rassemblés des confins de la terre par la mystérieuse nuée. Une pierre précieuse manquait : C’était Thomas, pour qu’il atteste le troisième jour que les entrailles de la terre ne pouvaient retenir le corps dont les entrailles avait reçu le Verbe qui donne la vie immortelle. 
Les nouveaux évêques Hiériothé d’Athènes et Denys l’Aréopagite avec les Apôtres chantèrent des hymnes funèbres à la gloire de celle qui passe de la vie à la vie. Les chœurs angéliques soudain firent entendre du ciel un chant suave. L’âme précieuse de la Mère de Dieu est accueillie comme Son trésor unique par Son Fils Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, au son des acclamations angéliques. 
Toute la création visible et invisible escorte vers les Cieux la Reine des Cieux.
La Mère de Celui qui donne la vie sans limite est pour le Monde un nouveau Paradis dans lequel fleurit le nouvel Arbre de Vie.
Par les prières de la Très Sainte Mère de Dieu, Seigneur sauve Ton Eglise et avec les Apôtres et toute l’Eglise rassemblés écrions-nous : « Sainte Mère de Dieu sauves-nous ».

 

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  Aphorisme de ce Dimanche :

Aucune prière pour les autres demandée à l'Eglise, aucun jeûne, aucune confession aussi sincère soit-elle, ne sont agréés par le Seigneur sans qu'en même temps ou au préalable nous n'ayons pardonné absolument tout, à tous ceux qui nous ont blessé. 
Le pardon illimité est le commencement de la prière puisque dans la prière du Notre Père nous demandons que le Seigneur "remette nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs" ( et non pas cette traduction lamentable des « offenses » qui fait appelle au quand à sois de l'homme). La limite illimité du pardon est posée par le Christ dans la prières essentielle : « Remets nous de nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs » ce qui signifie que si nous pratiquons le pardon illimité nos péchés seront pardonnés par le Christ qui a racheté sans aucune limite la dette de nos fautes sur Sa Croix.

Le pardon illimité est un mur infranchissable par le Démon, car si tous nous sommes dés pécheurs et qu’aucun ne sera trouvé sans péché devant le redoutable tribunal du Christ l’adversaire qui est l’accusateur, reste muet devant celui qui pratique le pardon illimité et l’amour des ennemis.

+Métropolite Michel de paris - Patriarcat de Kiev »

 

Chez nous dans l’Eglise Orthodoxe on ne sépare pas la Vérité dogmatique de l’Hypostase du Verbe Chair Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Le Christ est la Vérité et la Vérité est le Christ.

Toute la Révélation, toutes les définitions dogmatiques des sept Conciles Œcuméniques et des Conciles généraux tels que ceux de Constantinople qui définirent la théologie dogmatique de la Lumière et des énergies Incréées, découlent de la personne ( hypostase) du Christ au point que l’on ne pourrait placer un cheveux entre le Christ,  et chaque point précis des définitions dogmatiques définies sous l’inspiration du Saint Esprit par les Saint Pères des 7 Conciles Œcuméniques et par Saint Grégoire Palamas lors des Conciles de Constantinople (1347-1351). En d’autres termes la Vérité dans l’Eglise Orthodoxe n’est pas un sujet de dissertation, de discussion, mais elle est reçue comme une « théoria »
contemplation par l’Eglise Orthodoxe qui vit et respire dans l’Esprit Saint de La Vérité, Par la Vérité, En la Vérité. Et nous proclamons aussitôt que nous disons exactement la même chose en écrivant que l’Eglise Orthodoxe vit et respire dans l’Esprit Saint du Christ, par le Christ et En Christ. Celui qui bien que chrétien se sépare volontairement d’un point quelconque de la Révélation, ou d’une définition dogmatique promulguée par les 7 Conciles Œcuméniques, et professe une hérésie n’appartient plus à la Vérité qui est le Christ. Cela signifie qu’il n’est plus membre de l’Eglise Corps du Christ, Car notre communion au Christ ne peut artificiellement se réaliser uniquement affectivement dans un élan mystique en laissant de côté ce qui est consubstantielle au Christ : la Vérité ! Puisque la Vérité EST le Christ. Cependant nous pouvons parfois trouver chez les Pères et plus généralement dans chacun de nous des termes inappropriés sur telle ou telle sujet de la théologie dogmatique ou des théologouménas sur des points qui n’ont pas encore reçu de confirmation par un concile œcuménique. Si le Père ( ce qui est évident sinon il ne serait pas un Père de l’Eglise) ou nous-mêmes, affirmons confesser tout ce que l’Eglise Orthodoxe confesse et rejeter tout ce qu’elle rejette, et de nous soumettre à l’avance à ses prochaines définitions en matière de dogmes: dans ce cas l’économie s’applique en ce qui concerne la non exactitude absolue de notre confession de foi sur un sujet précis; car il n’y a de notre part aucun entêtement dans une éventuelle erreur. Nous confessons la foi orthodoxe et nous avons simplement des hésitations de formulation pour nous rendre transparent à la proclamation de la Vérité qui est répétons-le, le Christ. Saint Vincent de Lérins a une formule parfaite qui définit la Tradition : c’est ce que les Pères ont défini ensembles qui doit être tenu pour la Tradition, et non pas ce que l’un d’entre eux aurait dit comme un enseignement particulier. Nous donnant à comprendre que sur certains sujet l’Eglise ne s’étant pas encore exprimé un Père avait pu faire une proposition qui ensuite, n’a pas été reprise par l’ensemble des autres Pères. Dans ce cas précis l’économie s’applique : l’hérésie commence alors dans l’obstination à confesser ce que l’Eglise condamne. L’´hérésie commence bien entendu par le mensonge dont le Père est Satan, mais de la même manière qu’une tentation n’est pas un péché et que l’on peut lutter contre et ne pas chuter, hésiter sur une définition ne devient la proclamation d’une hérésie, qu’à partir de l’instant où celui qui la professe s’entête dans son obstination à refuser la confession de Foi Orthodoxe. Proclamer la Parole de Vérité est toujours un charisme, car sans la venue du Saint Esprit qui nous rappelle tout ce que le Chris a enseigné, il n’existe ni Evangile, ni Église, ni Conciles, ni Tradition ni œuvres des Saint Pères, ni saints + Métropolite Michel LAROCHE



23/06/2014

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