Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

RÉPONSES A NOS LECTEURS

Le 24 juin 2015

Un conseil donné cette nuit à un bon prêtre orthodoxe qui m'écivait son découragement dans sa mission dans un pays de quelque part dans le monde: 

 

Cher Père je vous conseille de rester avec votre évêque qui me parait un homme simple et modeste ce qui est rare pour un évêque. Ce n'est pas le succès visible de votre mission qui compte mais uniquement même avec des échecs humains, ce que vous accomplissez en secret devant le Christ´ le Chef de l'Eglise. La Divine liturgie célébrée avec seulement deux ou trois personnes remplit l'univers des énergies divines et fait plus pour le salut de monde que des' actions charitables des succès missionnaires . Chaque divine liturgie est une semence fertile de Sa Parole Divine. Le Christ´ vous connaît : c'est cela le plus important pour un prêtre ou pour un évêque, peut être inconnu du monde mais connu de Celuî qui connaît tout. Que la Trinité Toute Sainte vous bénisse + Métropolite Michel .    

 

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 Alexis (visiteur) · Le 12 octobre :
 Bonsoir, et un acte de violence supplémentaire...

Eminence, quelle est votre position?
    



Alexis · Le 9 octobre
 : Bonjour,

Quel silence assourdissant sur ce blog, les nouvelles se succèdent, la violence continue en Ukraine: 
Qu'en pensez-vous?
 

 

Réponse à Alexis.

Alexis,

Je pense que vous êtes un croyant Orthodoxe  et je m’adresse donc à vous comme un représentant du Peule Royal, défenseur de la Foi Orthodoxe en dehors de tout esprit partisan.

 

Je crois avoir déjà et depuis longtemps répondu  aux questions que vous me poser par deux lettres pastorales dédiées sur cet unique sujet et dans lesquelles je réprouve toute forme de violence, et très récemment par ma lettre pastorale datée du  12 octobre 2014 intitulée : « A propos des discours haineux sur la situation tragique en Ukraine. »  et celle publiée pour le Carême 2014 qui a même été traduite en russe.

Il n’existe donc pas selon vos propres mots « de silence assourdissant » sur le Blog de la Métropole Orthodoxe de France. Si comme je viens de l’écrire  je réprouve toute forme de violence j’ajoute : y compris la violence verbale qui parfois dénature, par pure propagande, les faits. Je vous invite à la plus grande prudence lorsque vous relatez tel ou tel  fait sans en avoir été le témoin direct. 

Je m’abstiens de commenter toutes   les accusations de violences physiques  tant de Russes envers les Ukrainiens, que d’Ukrainiens envers les Russes, car elles alimentent les passions et attisent la haine.

Je prie pour tous. Je prie pour la paix et le pardon sans laquelle cette paix ne pourra s’établir. Mais la paix pour la quelle je prie  ne sera pas uniquement   une paix humaine d’entente  diplomatique mettant fin à une guerre fratricide, mais elle devra être la Paix que donne le Christ non comme le monde la donne mais comme Lui nous la donne : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde la donne.  » (Jn, XIV, 27) Cette paix est inséparable du pardon illimité. J’ajoute que si chacun de nous entretient dans son cœur pour des motifs patriotiques, si juste puissent-ils être :  haine, désire de vengeance, rancune, alors aucune paix ne sera possible. La paix commence par notre cœur. Avant de faire des déclarations tonitruantes sur la paix, de dénoncer telle ou telle injustice, commençons par convertir notre propre cœur ? Le pardon illimité qui précède la paix, commence par notre cœur ;   et c’est pour cela que sur ce Blog il n’y aura jamais de commentaires partisans qui, si juste puissent-ils être aux yeux de certains,  attisent toujours la haine.

Je vous invite à cette paix dans votre cœur. Pardonnez, pardonnez et encore pardonnez !

Nous avons dans notre modeste éparchie des croyants russes qui partagent le point de vue  patriotique de leur nation et des paroissiens ukrainiens qui partagent le point de vue  patriotique de leur nation, et nous pleurons de la même manière les morts russes et  les morts ukrainiens, comme le Christ aime ces deux  nations  et les appelle  au pardon et à la paix. Nous nous interdisons de relater les accusations d’agressions tant de la part des Russes que des Ukrainiens, car  elles attisent  la haine et non le pardon.

La seule violence  que je veux dénoncer  est celle-ci : La violence, faite dans l‘Église Orthodoxe par des patriarcats  Impérialistes  à chaque auto-proclamation de son Autocéphalie, envers la nouvelle Église Orthodoxe Nationale. 

Vous avez du comprendre que les motifs ecclésiologiques me font en toute paix de l’âme avoir le grand honneur  d’être membre de l’épiscopat d’une Église Locale  qui luttent courageusement pour la reconnaisse de son identité Ukrainienne et de son  autocéphalie, comme avant elle, les églises de Roumanie, de Serbie, de Bulgarie et bien d’autres sont passées par de longues période de schismes et ont tous été stigmatisées comme « schismatiques » comme aujourd’hui notre patriarcat. Là encore pas de « silence assourdissant » : lisez  mon article : « Kiev la Mère de toutes les Églises Russ’  l’expression d’un principe ecclésiologique ancien » ou mon ouvrage dédié à ce sujet « La papauté Orthodoxe » Ed. Présence. Paris 2002.

Le refus du patriarcat de Moscou de reconnaitre une identité nationale ukrainienne qui ipso facto doit passer selon l’ecclésiologie Orthodoxe par la reconnaissance d‘une Église Locale autocéphale  Ukrainienne distincte de l’Église Russe, est en soit une violence comparable à celle qu’ont subit avant le patriarcat de Kiev,  durant plus de cent ans, l’Église Orthodoxe Bulgare hellénisée de force sous l’occupation Ottomane par le patriarcat de Constantinople, ou l’Église Orthodoxe  de Serbie subissant le même sort  durant presque le mêmes nombre d’années et dans les mêmes circonstances.

L’Église Russe considèrent qu’elle est l’Église  Mère de l’Église d’Ukraine ce qui est manifestement historiquement  faux, car l’Église Russ’ est née à Kiev, et que Moscou n’existait même pas comme cité  à l’époque de la naissance de l’Église Russ’ ! Le patriarcat de  Moscou  ne supporte pas que l’Ukraine ne fasse plus parti de l’Empire Russe, comme avant lui  le patriarcat de Constantinople avait atteint  dans l’Empire Ottoman une puissance jamais égalée dans l‘Empire Byzantin,  refusait d’admettre qu’au début du XX ème  siècle  les très anciennes nations vassalisées par l’occupant Turc  proclament leur indépendance en exigeant que leurs Églises Nationales sortent de leur soumission à une Église impérialiste et se proclament autocéphale. Comme aujourd’hui Kiev vis à vis de Moscou.

C’est la période des auto-proclamations, des autocéphalies modernes, non seulement de la Bulgarie, de la Serbie, de la Roumanie, mais aussi  de la Grèce. Toutes  ces auto-proclamations d’autocéphalies  ont été, exactement comme pour le patriarcat de Kiev aujourd’hui par le patriarcat de Moscou,  sanctionnées par le patriarcat de Constantinople (à l’époque impérialiste),  par des condamnations, anathémisations, non reconnaissance de l’épiscopat et de la grâce, et toutes désignées  comme « Schismatiques »   !  Moscou aujourd’hui, comme hier Constantinople, ne renonce pas facilement  à un pouvoir séculaire exercé sur le territoire d’un empire aujourd’hui privé de ses anciennes conquêtes territoriales.

Voilà la violence que vous devriez dénoncer :  que la violence faite hier par le patriarcat de Constantinople aux vénérables Églises Locales précitées se perpétuent au commencement du XXI ème Siècle par le patriarcat Moscou envers l’Eglise Locale de l’Ukraine.

Voilà la violence que vous devriez dénoncer et voila celle que je réprouve :

Comme vous avez pu le constater dans ma réponse c’est un débat très ancien dans l’Église Orthodoxe qui demande pour le comprendre une connaissance approfondie de l’histoire que ne possède pas toujours les croyants orthodoxes .

Le seul débat que nous devons avoir aujourd’hui  est celui de l’ecclésiologie qui est un sujet dogmatique dans l’Église Orthodoxe. Mais aucun débat ne peut se faire dans la condamnation de l’autre et la négation de la légitimité de son existence  comme préalable obligatoire à la discussion.

L’impérialisme de certaines Églises Locales leur font refuser à certains moment de leur histoire la légitimité  d’ériger ou de laisser s’ériger d’autres Églises Locales en se fondant sur la Parole du Christ : « de toutes les nations faites des disciples les baptisant au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit. » (Mt XXVIII, 19). Revenons à ce commandement du Seigneur, méprisé  par les Églises Impérialistes.

Avec amour en Christ.

+Métropolite Michel de Paris – Patriarcat de Kiev.

 

 

 
 
 
 
 


22/10/2014

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