Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

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HOMELIES

 DU MÉTROPOLITE MICHEL DE PARIS (LAROCHE)

 

 

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Homélie  de Noël 2014 (prononcée dans a nuit  du 6-7 Janvier 2015).

  Par  Son Eminence le Métropolite Michel de Paris-Patriarcat de Kiev

 

Béni soit Notre Dieu, en tout temps maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amin

 

L’icône de la Nativité de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ nous laisse entrevoir les différentes modes  de prière et d’existence qui sont présents  dans le cœur et l’âme de l’homme pour recevoir en lui  la Joie de la Naissance du Christ.

Aucune notion de chronologie n’existe dans cette icône. Les événements se rapportant tous à l’Incarnation du Verbe   sont présents dans leur forme de temps transfiguré.

 

En revanche cette icône part de l’extérieur vers  l’intérieur.  

 

Nous voyons d’abord l’étoile qui est en haut au centre de l’icône et nous indique clairement ce mouvement de l’extérieur vers  l’intérieur, de ce qui est manifeste,  l’étoile à ce qui est caché aux yeux des hommes dans un humble grotte, la naissance du Roi de la création. « La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses; La gloire des rois, c'est de sonder les choses.  Les cieux dans leur hauteur, la terre dans sa profondeur». (Prov. XXV, 2) L’étoile en envoyant son unique rayon vers l’intérieur de la grotte qui se repose sur un petit soleil au-dessus de la tête de l’enfant Jésus, le désigne comme  « la Lumière de Lumière ». (Credo),  car en Lui « Nous avons vu la Vrai Lumière » (Liturgie de saint Jean Chrysostome).

 

 Nous apercevons à son extrémité gauche Joseph dans une position de méditation, de questionnement intérieur, comme  à l’écart du mystère, mais méditant sur le mystère lui-même. Il représente à la fois le doute qu’il a connu sur l’origine miraculeuse de l’Incarnation du Verbe,  à propos de Marie qu’il voulait répudier en secret. « Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit. » (MtI, 19) Mais également toutes les épreuves  qui accompagnent inévitablement la voie choisie et acceptée de servir et protéger  le Christ et Sa Sainte Mère, le refus des auberges de ce Monde d’accueillir les Porteurs du Christ et la  prochaine fuite en Egypte devant la menace de mort prononcée par le roi Hérode.  Joseph représente  tous ceux qui après avoir accueilli le Christ, sont poursuivis par des moments de doutes et d’interrogation en face d’un mystère qui les dépasse, surtout lorsqu’ils sont confrontés aux épreuves qui les  frappent comme autant  de clous et d’épines  que le Christ sur Sa Croix.  Lorsque l’ange dira à Joseph « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode.»(Mt II, 13-15).   Joseph comprend que la protection divine sur cette terre n’est pas automatique. Elle n’implique pas que l’on doive rester inactif. S’il reste sur place, s’il ne change rien dans sa vie  il ne pourra sauver l’Enfant. Pour protéger la présence du Christ  en nous, permettre au Christ de grandir en nous,  comme Joseph  nous  devons  tous quitter quelque chose, abandonner l’esprit du monde, des fausses valeurs, des façons de vivre étrangères à une vie chrétienne. Joseph abandonne  son village, son métier,  sa famille, ses proches. Nous devons comme Joseph  choisir  d’accepter cette traversée du désert (l’Egypte)  qui  les conduit tous, lui, la mère et l’Enfant  à un lieu inconnu, décidé par Dieu, ici dans cet exemple pour que l’Enfant Jésus  grandisse loin des méchants. Ce voyage intérieur, cette séparation symbolique avec notre vie passée est indispensable pour  une reconstruction à laquelle chacun de nous est appelé par le Christ pour l’accomplissement d’un destin particulier à Son service.  Cela est possible si  nous savons  comme Joseph, malgré notre doute initiale entendre la voix de l’ange qui nous demande de tout quitter pour traverser le désert. Le vieux berger revêtu d’une peau de chèvre, debout tenant son bâton pastoral près de deux brebis (qui symbolisent le Saint Troupeau de l’Eglise) et  qui semble partager la méditation de Joseph, figure le dépouillement que connaitrons d’une manière ou d’une autre, tous ceux qui sont les gardiens du troupeau (les évêques et les prêtres),  et qui partageront  avec Joseph cette voie crucifère.

 

Nous observons, en haut à droite de l’Icône,  deux autres  bergers qui veillent la nuit sur leur troupeau et ont été rendus dignes par cette attente diurne de voir et d’entendre le chant des anges  dans le Ciel,  (présents en haut à droite comme à gauche de l’icône), et ensuite de s’approcher et de contempler dans la grotte le Verbe chair. Les bergers  représentent, (comme nous l’avons dit plus haut), en premier les évêques et les prêtres  qui veillent la nuit dans leur prière sur leur troupeau,  qui symbolise tout à la fois l’Eglise et le monde entier. Ils représentent  ensuite  les moines qui prient particulièrement, comme au Mont Athos, la nuit pour le salut et la transformation finale dans la Résurrection générale, non seulement de tous les hommes, mais de l’ensemble de la création avec le  cosmos  visible par le ciel qu’ils contemplent. C’est l’attente de la Parousie, la seconde venue du Christ, induite dans Sa première venue dans l’humilité de cette grotte. C’est pourquoi parfois les anges se rendent visibles en réalité ou en songe  à de tels veilleurs, et comme pour les bergers de cette icône, ils  font entendre de leurs voix célestes, leurs chants d’une  incomparable beauté.

 

Nous voyons à droite, presqu’au centre de l’icône, trois rois à cheval portant chacun de l’or,  de l’encens et de la myrrhe. Ils sont éloignés car ils représentent l’Eglise dans le futur. Nous savons qu’eux aussi rejoindront la grotte et adoreront le Dieu fait homme.

 

Le roi porteur d’or représente  ceux qui dans l’Eglise ont la bouche d’Or  comme les Trois saints Docteurs : saint Basile le Grand, saint Grégoire le Théologien et saint Jean Chrysostome, (c’est-à-dire en grec : saint Jean bouche d’or). Avec la multitude des Pères qui ont proclamé et expliqué l’Evangile et toutes les Ecritures Saintes. Nous pensons à saint Ignace d’Antioche, à saint Irénée de Lyon, à saint Grégoire de Nysse, à saint Grégoire le Dialogue, pape de Rome, à saint  Léon le Grand, pape de Rome, à saint Isaac le Syrien  à saint Maxime le Confesseur, à saint Syméon le Nouveau Théologien,  à saint Grégoire Palamas,  à saint Ignace Briantchaninov. L’or représente également toutes  les bonnes actions faites dans l’amour du Christ : le pardon illimité, l’amour des ennemis et l’acceptation des épreuves  qui sont des vertus qui brillent dans le Ciel comme des astres plus lumineux que le soleil, que  même les anges viennent admirer.

L’encens figure la prière secrète de ceux  dont même les vertus sont cachées des hommes, comme ce fut le cas pour saint Silouane. L’encens, c’est surtout l’humilité dans la prière qui est une odeur agréable à Dieu, se voir le pire de tous, se tenir pour le dernier des pécheurs,  d’avoir nuit et jour son encensoir allumé c’est-à-dire le murmure incessant la prière du Nom de Jésus «  Seigneur Jésus Christ Fils du Dieu vivant,  aie pitié de moi pécheur ». Car celui qui voit constamment ses péchés nous enseigne saint  Isaac le Syrien « est plus grand que celui dont la prière ressuscité un mort ». Car celui qui ressuscite un mort n’a ressuscité qu’un mort extérieur, alors que celui qui voit dans la lumière du Christ  ses péchés en gémissant  sur eux  ressuscite son mort intérieur,  et Il   offre à Dieu à la fois le charbon brûlant de la componction  et l’encens spirituel d’une prière humble.

 

Le roi qui offre la myrrhe symbolise non seulement l’ensevelissement du Christ et le parfum offert pour son embaumement par les Femmes Myrophores (Mc XVI 1-3), mais le deuil qui accompagne la mort : ici la mort de l’âme morte à cause du péché et que les larmes saintes du Roi David, de la pécheresses, les gémissements du Publicain vont ressusciter. C’est la pratique spirituelle  induite dans troisième Béatitude « Bienheureux les endeuillés (en Grec Penthos : Deuil) car ils seront consolés » (Mt V, 4)  l’expérience mystique nommée dans l’Eglise Orthodoxe par saint Grégoire de Naziance,  saint Syméon le Nouveau Théologien et par saint Grégoire Palamas : « le second baptême des larmes »  que de très nombreux textes exaltent dans les offices du Triode de Carême,  du Canon au Christ très Doux et dans les prières préparatoires à l’Eucharistie que je vous invite tous à prononcer la veille  avant de communier.  C’est un sanglot qui nous surprend avec comme un bruûlure de notre conscience lorsque soudain nous découvrons un mal que nous avons fait, surtout  à notre prochain,   et le regrettons amèrement. Mais ces larmes doivent pour nous purifier être dirigées  non vers nous-mêmes, mais vers le Christ qui pleure sur notre mort spirituelle comme il a pleuré sur la mort de Lazare son ami,  et dans ses larmes l’a ressuscité. Celui qui pleure devant le Christ sur son âme mélange ses larmes à celles du Christ, et le Christ ressuscitera son âme de la mort. Les larmes, enseigne  saint Grégoire le Théologien sont plus grandes que le premier baptême à condition que l’on ai reçu le premier baptême, (théologie reprise par saint Jean Climaque   et par saint Syméon le Nouveau  le Théologien). Elles sont supérieures nous dit saint Grégoire le Théologien  au baptême du sang (celui des martyrs pourtant terni par aucun péché) car « elles ont  reçu le pouvoir d’effacer les péchés commis après le baptême ». Emparons nous de la couche du Roi David qui pleurait sur son double péché, le meurtre et l’adultère.

 

Nous voyons à l’extrémité droite de l’icône deux femmes qui se sont saisies du Christ pour l’ondoyer dans une bassine. La première verse l’eau  dans la bassine et la seconde tient le Christ,en mettant délicatement sa main dans l’eau pour en mesurer la température. Ce sont l’action et la contemplation, les deux voies qui conduisent au Christ avec mesure et équilibre de l’une par rapport à l’autre. Mais seule la contemplation porte sur  elle le Christ.

 

Enfin au centre spirituel de l’icône nous contemplons la Très Sainte, Très Pure Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, elle-même  allongée qui semble ne pas regarder le Christ placé dans son dos, étendu  dans une mangeoire,  réchauffé par l’haleine du Bœuf et de l’âne.

 

Voila un mystère qui intrigue : la Vierge Marie qui ne regarde pas, qui n’adore pas à genoux à côté de saint Joseph,  comme dans les représentations occidentales, l’Enfant Jésus. Nous sommes ici au cœur de la tradition Hésychaste qui inspire cette icône, la tradition de la prière du nom de Jésus. La Mère de Dieu,  dès l’Annonciation c’est-à-dire dès l’Incarnation en Elle du Verbe qui se fait chair, reçoit de la part de l’archange Gabriel la révélation conjointe du Mystère qui s’accomplie en elle, et du Nom de Son Fils et Seigneur Jésus. Elle devient une Eucharistie  vivante, un calice rempli du Corps et du Sang du Christ. Dès l’Annonciation, le Christ Vivant est en elle. Et déè cet instant elle murmure inlassablement dans un temps transfiguré, dans une incommensurable et amoureuse prière, le doux et précieux Saint Nom de Jésus. Cette prière dans l’union du Christ avec son âme précieuse et son cœur pur n’est pas interrompue par la Nativité du Christ. Elle contemple le Christ dans son  propre cœur ; elle Le goûte dans sa propre âme ; elle l’accueille dans son  propre corps, sanctuaire immaculé,   et sa chair bénie est inséparable de la chair du Christ. Nul être humain ne peut concevoir les conséquences de l’Incarnation dans l’union du Christ avec Sa Très Sainte Mère. Cette union inimaginable pour l’homme ne disparaît  pas lorsque par la nature humaine assumée totalement par le Verbe, le Christ nait de la Vierge et semble être séparé d’elle dans la mangeoire. C’est cette communion absolue et inégalée qui apparait dans ce regard intérieur de la Très sainte Mère de Dieu qui contemple Son doux, très doux Jésus en elle, en Lui murmurant « Jésus, Jésus, Jésus Mon doux Jésus » Le Christ est Né ! Glorifions Le !. Amin.

 

 

 

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Le Métropolite Michel Laroche dans ce message d'accueil s'efforce d'évoquer le contenu de ses homélies, prononcée dimanche après dimanche et fondé sur la pensé des Père de l'Église. 
"Ce message est simple" : Il s'efforce de nous parler d'un Christ miséricordieux qui est venu non pour les justes mais pour les pécheurs, non pour le biens portants mais pour les malades. Un Christ qui nous parle d'amour des ennemis et de pardon illimité seuls possibilités pour nous de trouver la paix intérieure.
Les apôtres et leurs successeurs le Pères de l'Eglise proclamaient la Parole-Verbe-Logos de Dieu sur les places publiques des cités, dans les carrefours, le long des clôtures,  dans les montagnes, dans les vallées, près d'une rivière, dans les déserts et dans les forêts? ces nouveaux désert riches de silence, arrosés par les larmes des grand Starets...
La proclamation de la Parole de Vérité, Vérité qui dans l'Eglise Orthodoxe est la personne même du Christ ( Hyposasis) est avec la célébration de la Divine Liturgie le premier ministère de l'évêque et de celui du prêtre. Nous nous sommes efforcés tout au long de près de quarante années de sacerdoce années de répandre, à l'image du Semeur de l'Évangile, le bon grain de la Parole, tant par orale que par écrit. Dix ouvrages publiés certains comme « Une seule chair » ayant atteint 80.000 exemplaires vendus dans le monde. En comptant trois lecteurs par ouvrage cela donne 240.000 lecteurs !) Plus récemment « La voie du silence » qui en est à sa seconde édition ( la première édition de 5000 exemplaires étant épuisée), sans compté l'édition italienne, cet ouvrage est en route vers les 10.000 exemplaires vendus.. You Tube ou Face Book, constituent ces nouvelles places publiques sur les quelles ont trouve de tout. Mais l'Apôtre Paul n'hésita pas à parler devant l'Aréopage d'Athènes lieu d'échanges de toutes sortes de doctrines des plus folles jusqu'à celle de l'unique Sagesse de Dieu, qui lui permît de toucher le cœur et l'âme de saint Denys l'Aréopagite. Nous n'imaginions absolument pas, il y aura quatre ans au mois de juillet 2014, que nous toucherions le cœur et l'âme de tant de personnes en posant notre première homélie sur You Tube. Nous avons aujourd'hui une métropole (diocèse) invisible de plusieurs milliers de personnes en recherches du Christ et de Son Esprit Saint. Ce n'est pas par vanité que nous donnons aujourd'hui ces chiffres, mais parce qu'ils constituent la preuve qu'il existe un espace pour la littérature spirituelle de l'Eglise d'Orient. Qu'il existe une soif semblable à celle de la Samaritaine pour l'eau vive de la Parole-Verbe-Logos fait chair, Parole qui redonne un sens à nos vies que ne désaltèrent plus des eaux polluées de ce monde. Nous parlons de pollution, terme à la mode, souvent évoqué pour des réalités uniquement matérielle ; alors que la principale pollution est celle des ces images, de ses sons, de ses drogues, de cette violence, qui entrainent l'âme vers ce qui est bas. C'est pourquoi nous nous réjouissons de l'audience miraculeuse de notre plate forme vidéo, place publique, ou plutôt un prolongement de la Divine Liturgie qui est célébrée le dimanche et les Fêtes dans notre si modeste, si petite, cathédrale et pourtant si vaste car elle accueille à travers cette plate forme des milliers d'âmes toutes assoiffée de la Parole qui s'est faite chair. »



05/06/2014

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