Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

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LETTRE PASTORALE DE CARÊME 2016


LETTRE PASTORALE DE CARÊME 2016

 

                                

 

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 Par Son Eminence le Métropolite Michel de Paris et de toute la France

 

 

Devenons en esprit le Publicain, le Fils Prodigue et la pécheresse.

 

Le Carême est un temps particulier dans l’Église Orthodoxe. Une période d’introspection spirituelle dans laquelle l’âme se retourne simultanément vers le Seigneur et vers elle-même en prenant conscience du désastre que ses passions lui ont apporté : « j’ai commis toute sorte de péchés, plus que tous j’ai failli ; où trouverai-je tant de larmes si je veux me repentir ? Si je continue dans l’insouciance, je mérite le châtiment, mais dans ton unique bonté, relève moi Seigneur, et prend pitié de moi. » ( Première Semaine de Carême ; Lundi soir à Vêpres ; Lucernaire Ton 1 Strophe 1)

 

 

 

La référence au repentir s’exprimant par les larmes est constante dans le Triode de Carême que les moines lisent tous les jours dans les offices qu’ils célèbrent : « Ô Christ, en ce Carême commençant accorde moi les larmes de componction pour effacer la souillure de mes passions, afin que je paraisse purifié lorsque du ciel tu viendras pour juger tous les mortels selon tes justes jugements. » ( Première Semaine de Carême ; Lundi soir à Vêpres ; Lucernaire Ton 1 Strophe 2)

 

 

 

Ne nous trompons pas si nous justifions le cours de notre vie telle qu’elle est au commencement du Carême sans passer par l’étape de nous interroger devant le Christ, alors notre vie chrétienne n’a aucune mesure. Le Carême c’est avant tout comme le Fils prodigue de reconnaître le véritable état de son âme devant le Christ : « J’ai dilapidé le trésor que mon Père m’avait donné, j’ai vécu au milieu d’animaux sans raison, j’ai désiré la nourriture des pourceaux et , comme personne ne m‘en donnait, j’ai eu faim, mais je suis retourné vers mon Père si bon et dans les larmes j’ai crié : Traite-moi come l’un de tes serviteurs, je ne mérite plus ton amour, mais sauve-moi dans ta bonté. » (Triode de Carême. Dimanche du Fils Prodigue. Samedi soir à Vêpres ; Apostiche Ton 6 ; Strophe 1)

 

 

 

Le symbole de la parabole présent dans cette strophe est limpide : « j’ai vécu au milieu d’animaux sans raison, j’ai désiré la nourriture des pourceaux »Les animaux sans raison sont les hommes et les femmes qui vivent exclusivement pour les valeurs de ce monde sans Dieu. Ce dont se nourrissent des pourceaux, ce sont les passions qui ne nourrissent pas l’âme et lui procurent un éternel et angoissant sentiment de vide, de faim spirituelle qui ne sera jamais rassasié dans ce Monde dont le prince est Satan !

 

 

 

Reconnaissons que durant notre existence nous pensons certes au Seigneur à certains moments et l’oublions à d’autres au point que parfois nous agissons pour nous et non pour Lui, ou même seulement en face de Lui, en faisant des choix de vie qu’au fond de notre cœur nous savons ne pas être bénis par le Seigneur.

 

 

 

Une vie authentiquement chrétienne est une vie entièrement consacrée au Seigneur. Ne nous trompons pas en nous disant « Mais je n’ai ni la vocation de prier à tout instant comme un moine, ni celle de le servir comme un diacre ou un prêtre. »

 

 

 

Le Seigneur appelle tous à son service dans les différents engagements de notre société. Saint Syméon le Nouveau Théologien avait des disciples parmi des notables de la capitale impériale (Constantinople) qu’il considérait avoir une vie supérieure spirituellement à celles des moines qui étaient avec lui au monastère de Saint Mamas.

 

 

 

Qu’avait réalisé ces saints laïcs de supérieur à la vie monastique totalement consacrée au Christ? Ils n’entreprenaient rien sans la bénédiction de leur Père Spirituel, et par là, ils

 

 

 

avaient l’assurance que leurs entreprises privées, même commerciales, étaient sous le regard de Dieu et en conformité avec Ses lois divines. Le choix même du grand sacrement des Noces ne se faisait pas, comme parfois aujourd’hui, à l’impulsion, dans la peur panique de rester seul, sans beaucoup réfléchir, et surtout sans prier avant, pour savoir si la personne convoitée est bien celle que Dieu bénira pour notre vie entière. Ou la relation choisie est l’accomplissement d’une passion sans discernement préalable, qui une fois satisfaite sera bientôt fanée et remplacée par une autre ou par un autre ? L’engagement était à cette époque patristique, une véritable recherche spirituelle, afin d’être certain de savoir si le fiancé ou la fiancée, partageaient, non pas uniquement des gouts communs, mais si les deux envisageaient de suivre ensemble un véritable chemin spirituel conduisant au Christ. L’union bénie par le Christ conduit toujours au Christ. Si cette pierre d’angle qu’est le Christ, (Mt XXI, 33-43 ; 45-46), n’est pas posée au préalable par les bâtisseurs, qui sont les couples chrétiens, l’édifice construit sera détruit à la première tempête. « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc.

 

 

 

La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison: elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc.

 

 

 

Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.

 

 

 

La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison: elle est tombée, et sa ruine a été grande ». (Matthieu VII. 24-27.)

 

 

 

Mais ce que Saint Syméon le Nouveau Théologien en comparant la vie secrète de ses disciples laïcs et celles de ses moines, trouvait de supérieur, c’était la capacité qu’il constatait chez ces laïcs à se reconnaître comme pécheurs devant Dieu. Ces saints laïcs étaient en réalité des pécheurs comme nous. Ce qui les différenciait était que semblables au Publicain, au Fils prodigue et au roi David, ils s’auto-accusaient de leurs faiblesses, sans justification, sans aucune justification, sans se chercher des excuses. Et cette attitude spirituelle attire les bienheureuses larmes exaltées par le Triode : elles constituent un second baptême qui efface les péchés commis après le premier baptême.

 

 

 

Le charisme des larmes qu'exaltent les textes du Triode de Carême de l'Église orthodoxe, se rattache effectivement aux larmes que verse le roi David sur sa couche lorsqu'il a conscience de son double péché, l'adultère et l'assassinat. Le charisme des larmes se rattache également, dans l'Ancien Testament, à la prière de Manassé, prenant soudainement conscience de ses fautes devant Dieu. Le charisme des larmes dans le Nouveau Testament se rattache à celles que verse la pécheresse lavant les pieds du Seigneur et les essuyant de ses cheveux.

 

 

 

Il se rattache aussi aux gémissements de la prière du Publicain agréée par le Seigneur. Il se rattache aux larmes que verse Pierre, prenant soudain conscience dans le regard du Christ qui croise le sien de son apostasie. Et les Pères n'ont pas peur de dire que déjà ses larmes le purifiaient en cet instant de sa faute. Les larmes sont à la fois l'élan amoureux vers le Christ, mais elles sont aussi reçues dans le cœur par la puissance même de l'Esprit de Dieu. Ce ne sont pas de simples larmes sensibles, ce qu'elles sont cependant, mais elles sont produites par l'action même de l'Esprit. Elles viennent, dans le terrain labouré par le mystère de l’aveu de ses péchés, arroser cette terre desséchée pour lui faire produire les fruits de l'Esprit Saint.

 

 

 

Ce qui doit précéder ce grand et saint élan de la vie spirituelle, c’est que le Carême est le temps durant lequel nous devons d’urgence trouver notre confesseur et reconnaître nos faiblesses dans le sacrement de la Confession qui renouvelle la grâce reçue dans notre

 

 

 

baptême, même si nous savons que parfois nous aurons ensuite des difficultés à nous détacher de nos passions.

 

 

 

Après une confession il existe toujours un miracle qui se produit dans la vie spirituelle, et là où la séparation de la passion entretenue nous paraissait impossible, le Seigneur nous découvre un nouvel horizon que nous ne percevions pas dans notre aveuglement volontaire, et il allume en nous un incendie spirituel qui nous permet de revenir vers le Père comme le Fils Prodigue.

 

 

 

La prière que nous devons tous prononcer durant le Saint et Grand Carême, de saint Ephrem le Syrien nous rappelle toutes des étapes de la vie spirituelle propre au Carême :

 

 

 

Seigneur et Maitre de ma vie, l’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination, et de paroles faciles éloigne de moi.

 

 

 

L’esprit de pureté, d’humilité de patience et d’amour donne à ton serviteur.

 

 

 

Oui Seigneur et Roi donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère, car tu es béni dans tous les siècles des siècles Amen

 

 

 

Seigneur et Maitre de ma vie ( Est-ce vrai ? Avons nous réellement rendu le Seigneur Maitre de notre vie, ou sommes nous chacun, le maitre de notre vie en accomplissant non la volonté de Dieu mais notre volonté propre? l’esprit d’oisiveté ( ici ce n’est pas l’oisiveté que critique le monde, c’est parfois dans le surmenage de notre vie quotidienne, la paresse de ne pas prier, la paresse de ne plus aller participer à la Divine Liturgie), l’esprit de découragement (de nous décourager lorsque les épreuves surviennent en oubliant qu’elles sont permises par le Seigneur pour la purification de notre âme), de domination (l’orgueil, et imposer en toutes circonstances sa volonté propre en écrasant l’autre) et de paroles faciles (bavardage, médisance, jugement) éloigne de ton serviteur.

 

 

 

L’esprit de pureté (prier dans les larmes qui purifient l’âme et le cœur), d’humilité (voir ses péchés et prier pour en être délivré) de patience (patience envers nous-mêmes et dans les épreuves qui accompagnent toujours l’authentique vie chrétienne et dans la persévérance d’une authentique vie spirituelle) et d’amour (pardonner afin que  le Seigneur nous pardonne) donne à ton serviteur.

 

 

 

Oui Seigneur et Roi donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère ( Celui qui voit obsessionnellement les fautes de son prochain ne peut pas voir les siennes. Ce sera ou la vision de ses péchés ou l’observation des péchés des autres : mais jamais les deux à la fois !) , car tu es béni dans les siècles des siècles. Amen

 

 

 

Je vous souhaite un bon et saint Carême.

 

 

 

+Métropolite Michel de Paris et de toute la France

 

 

 

28 février 16 février Calendrier Julien 2016 Dimanche du Fils Prodigue, Saint Apôtre Onésime des 70.

 

 

 

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Пастырское Великопостное послание. 

 

 

 

Об обретении образа мысли МытаряБлудного Сына и видении греха своего. 

 

 

 

 

 

 

 

Его Высокопреосвященство, Митрополит Парижский и всей Франции Михаил. 

 

 

 

 

 

 

 

Пост в Православной Церкви это особенное времяЭто период духовного самоанализа, когда душа одновременно обращается и к Господу и к самой себе, осознавая катастрофу, к которой привели её страсти: «я много согрешил, более всех я пал; где найду я столько слез, чтобы раскаяться? Если я опять продолжу быть беззаботным, я заслужу своё наказание, но единственно по твоей милости Господьвосставь и прости меня.» (Первая Неделя Поста; в понедельник вечером на ВечерниГлас 1, Строфа 1) 

 

 

 

Постоянный призыв к слезному покаянию всегда присутствует в Великопостной Tриоди, которую монахи читают каждый день на богослужениях и на которых звучит«Христос, в этом начавшемся Посте дай мне слезы раскаяния чтобы омыть тёмные пятна моих страстей, да окажусь и я очищенным, когда придешь Ты с неба чтобы судить всех смертных по твоим праведным законам.» (Первая Неделя Поста; в понедельник вечером на ВечерниГлас 1 Строфа 2) 

 

 

 

Давайте не будем себя обманывать. Если мы оправдываем нашу жизньв том состоянии, какова она есть сейчасне проходя Пост, с самого его начала, и постоянно не поверяя душу пред Христом, то тогда нет у нас никакой меры понять нашу христианскую жизнь. Пост это значит прежде всего уподобление Блудному Сыну с таким же состоянием души пред Христом: «Я растратил сокровище, которое дал мне мой Отец, жил среди зверей неразумных, желал пищу свиней и хотел этим насыщаться, но никто мне и этого не давал. И вот, я возвратился к моему благому Отцу в слезах и воскликнул: вмени меня как одного из твоих слуг, я не заслуживаю больше твоей любви, но спаси меня по твоей милости.» (Постная Триодь. В воскресенье Блудного Сына. В субботу вечером на ВечерниАпостих глас 6; строфа 1) 

 

 

 

В этой строфе раскрывается подлинный символ притчия жил среди зверей неразумных, желал пищу свиней и хотел этим насыщаться». Неразумные звери это мужчины и женщины, которые живут исключительно по стихиям этого мира, без Бога. То чем питаются свиньиэто страсти, которые не напитывают душу, оставляя ей вечное и томительное чувство пустоты, духовный голод, который никогда не может быть утолён в этом мирекнязем которого является сам сатана! 

 

 

 

Сознаемся, что в течение нашего земного существования мы конечно же думаем о Господе только в некоторые моменты в основном забывая Его. И забываем до такой степени, что иногда мы живём исключительно для нас самих, но никак не для Него. Ибудучи всегда в Его присутствиинаправляем нашу волю нашу на то, на что, в глубине нашего сердца, не видим благословения Господа. 

 

 

 

Подлинно христианская жизнь  это жизнь, в полноте посвященная Господу. Не будем обманывать себя оправдываясь и говоря: «но я же не обязан молиться постоянно, как монах или быть дьяконом или священником.» 

 

 

 

Господь призывает к служению Себе людей из всех слоёв общества. У святого Симеона Нового Богослова были ученики среди почтенных вельмож столицы Империи (Константинополя), духовное жительство которых он ценил значительно выше духовной жизни некоторых монахов, которые находились с ним в монастыре Святого Мама.  

 

 

 

Что же такого высокого делали эти светские люди по сравнению с людьми монашеской жизни, жизни совершенно посвященной Христу? Они не делали ничего без благословения своего Духовного Отца. И по этой причине у них всегда была верачто все их дела, даже их коммерческие начинаияуправлялись Промыслом Божиим и совершались в соответствии с Его божественными законами. Даже выбор великого таинства Брака делался не так, как это порой происходит сегодня  импульсивно и в паническом страхе остаться одиноким, без взвешенного размышления, и, главным образом, без молитвы о том, чтобы точно понять, что страстно желаемый человек, есть действительно тот, кого нам благословляет Бог на всю нашу жизнь. Где совершён неразумный выбор по причине удовлетворения страсти, то там, после её насыщения, на место избранного или избранной, скоро станет другой или другая. В ту эпоху это было обязанностью "отцов церкви" - вести настоящий духовный поиск с тем, чтобы быть уверенным и знать навернякачто жених и невеста не только нравятся друг другу, но и желают вместе идти духовной дорогой, ведущей ко Христу. Союз, благословленный Христом, всегда ведет ко Христу. Если тот краеугольный камень, что есть Христос, (Мт. XXI, 33-43; 45-46), изначально не заложен в основу строителями, т.е., теми же христианскими супругамипостроенное здание будет разрушено при первой же буре. «Посему, всякий, кто слышит эти слова, которые я говорю и их исполняет, подобен осторожному человеку, который построил дом свой на скале. 

 

 

 

Пошел дождь, пришли потоки и ветры подули против этого дома: он устоял совсем, потому что он основан был на скале. 

 

 

 

Но всякий, кто слышит эти слова, которые я говорю, и их не исполняет, подобен неразумному человеку, который построил дом свой на песке. 

 

 

 

Пошел дождь, пришли потоки и ветры подули против этого дома: он пал, и его разрушение было великим». (Mт. VII. 24-27). 

 

 

 

Святой Симеон Новый Богослов сравнивал тайную жизнь своих учеников-мирян с жизнью своих монахов и находил жительство первых выше. И именно по той причине, что миряне были способны видеть себя грешниками пред Богом. Эти светские святые в действительности были грешниками такими же, как и мыСущественное же их отличие от нас сосояло в том, что они, подобно МытарюБлудному Сыну и Царю Давиду, сами себя обвиняли в своих немощах, и без какого-либо самооправдания, они никак не извиняли себяЭто духовное отношение к самому себе, привлекает блаженные слёзы, на которые так вдохновляет Триодьслёзы возобновляют крещение, смывают грехи, совершенные после первого крещения. 

 

 

 

Дар слез, к которым побуждают тексты Постной Tриоди Православной Церкви, подобны слезам, которыми Царь Давид всякой ночью орошал своё ложе, когда осознал всю тяжесть своего двойного греха: супружеской измены и убийстваДар слёз также получил и ветхозаветный Царь Maнассия, который внезапно осознал своё падение перед Богом. Дар слёз в Новом Завете видно у грешницыомывающей ноги Христа и утирающей их своими волосами. Она вторит и молитвам Господу Мытаря. Она проливает те же слёзычто и Пётр, вдруг осознавший глубину взгляда Христа, когда Он посмотрел на него после его отступничества. И святые Отцы не боялись говорить о том, что и их слёзы очищали их во времена их падений. Слезы это одновременно и любящий порыв ко Христу и сердцечный дар Божественного Духа. Эти слёзы внутренно не имеют природы простых чувственных слёз – это только внешняя их оболочка; они производятся действием самого Духа. Они приходят на таинственно обработанную, путём признания грехов, сухую почву, затем ими политую землю, которая в изобилии даёт плоды Святого Духа. 

 

 

 

Пост - время, которое должно предшествовать тому большому и святому порыву в духовной жизни, когда мы должны идти к своему духовному отцу и сознаваться в наших немощах и грехах в таинстве Исповеди, которое возобновляет благодать, принятую при нашем Крещении. Это происходит несмотря на то, что мы знаем, что порой нам будет ещё тяжелее исторгнуть из себя наши страсти 

 

 

 

После исповеди в духовной жизни всегда происходит чудо освобождения от страсти, которое ранее казалось невозможным. Господь открывает нам новый горизонт, который до этого мы не ощущали в нашем добровольном ослеплении, и это зажигает в нас духовный огонь, который нас влечёт к Отцу как Блудного Сына. 

 

 

 

Молитва, которую мы все должны произносить во Святого и Великого Поста, это молитва святого Ефрема Сирина, которая нам показывает вехи духовной жизни во время Поста: 

 

 

 

Господи и Владыко живота моегодух праздности, уныния, любоначалия и празднословия не даждь ми. 

 

 

 

Дух же разума, целомудрия, смиренномудрия, терпения и любве, даруй ми, рабу твоему. 

 

 

 

Ей, Господи Царю, даруй ми зрети моя прегрешения и не осуждати брата моегояко благословен еси во веки веков. Аминь. 

 

 

 

Господи и Владыко живота моего (Действительно ли это такточно ли Господь Владыка всей нашей жизни, или каждый из нас сам господин своей жизни и исполнят не волю Божию а присущие нам желанияДух праздности (именно эту праздность мiр не судит, т.е. когда иногда, в переутомлении от нашей повседневной жизни, нам лень молиться, лень идти на Божественную Литургию), дух уныния (что нас обескураживает, когда неожиданно появляются испытания, мы забываем, что они попущены Богом для очищения нашей души), любоначалия (гордыня и навязывание в любых обстоятельствах нашей собственной воли и отвержение другой, отличной от нашейпразднословие (болтовня, злословие, суждение) избавь раба твоего. 

 

 

 

Дух разума, целомудрия (молиться со слезами, которые очищают и душу и сердце), смиреномудрия (видеть свои грехи и молиться о том, чтобы от них быть очищенным) терпения (терпение по отношению к нам самим и в испытаниях, которые всегда сопровождают подлинную христианскую жизнь и в настойчивость подлинной духовной жизни) и любве (прощать, чтобы что Сеньор нас прощает) подаждь ми. 

 

 

 

Ей, Господи Царю, даруй ми зрети моя прегрешения и не осуждати брата моего (тот, кто преувеличенно видит ошибки своего ближнего, тот не может увидеть и свои собственныеМожет иметь место или видение своих грехов или наблюдение грехов других: никогда не бывает двух видений одновременно!), яко благословен еси во веки веков. Аминь. 

 

 

 

 

 

 

 

Желаю вам приятного и святого Поста. 

 

 

 

 

 

 

 

+Митрополит Михаил Парижский и всей Франции. 

 

 

 

 

 

 

 

28 февраля (16 февраль по Юлианскому календарю) 2016 года, в Воскресенье Блудного Сына и Святого Апостола от 70-ти Онисима. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Noël et L’Espérance de la Paix.

Lettre pastorale de Noël de Son Eminence le Métropolite Michel de Paris et de toute la France du Patriarcat de Kiev.

 

La paix ! Quel mot, quelle espérance pour l’humanité surtout en ces temps troublés. Et pourtant si nous regardons les siècles passé, les millénaires passés, depuis le premier meurtre de l’humanité, lorsque Caïn tue le juste Abel, combien de Caïn sous différentes formes, différends noms, sont apparus sur la terre et combien de juste Abel ont été immolé par l’orgueil et la haine de ces Caïn ?

Noël demeure pour tous les chrétiens la Fête de la paix, la Fête, plus précisément, de l’espérance de la paix. Le chant des anges nous confirmes cette interprétation : « Et soudain il se joignit à l’Ange une multitude de l’armée céleste louant Dieu disant : « Gloire à Dieu dans les lieux très haut et paix sur la terre aux homme qu’Il agrée. » (Lc II, 13-14)

Que signifie pour nous chrétiens cette annonce et plus précisément, cette espérance de la Paix ?

Les actes de barbarie qui ont précédé la naissance du « Prince de la Paix » comme est nommé le Christ dans les textes liturgiques anciens sont emprunts d’une dramaturgie qu’évoquent les récents tragiques événements qui se sont produits en France et se produisent dans de nombreux pays actuellement en guerre : « C’est Rachel qui pleure et ne veut pas être consolé » (Mt II, 18) qui cite en faisant référence au massacre des saints Innocents ordonné par Hérode, prophétisé par Jérémie « Ainsi parle le Seigneur : Écoutez ! à Rama on entend des plaintes, des pleurs amers : c'est Rachel qui pleure à cause de ses fils ; elle refuse d'être consolée, parce qu'ils ne sont plus. » (Jéremie XXXI, 15).
Combien de fois en quarante sept ans de vie sacerdotale n’ai-je pas entendu cette affirmation « Mon Père si Dieu existait réellement il n’y aurait pas toutes ces guerres, tous ces conflits, toutes ces injustices sociales, ces gens qui meurent de faim … » 
J’ai toujours avec plus ou moins de nuances donner cette réponse à ces personnes : « Pour que le Seigneur donne Sa Paix sur la terre dépend de toi et de toi seul ! » Elles me rétorquent : « Comment Père Michel puis-je moi toute petite créature faire en sorte que la Paix soit sur le terre ? Les gouvernements et les états qui sont en guerre ne me connaissent pas et même s’ils me connaissaient, je suis insignifiante. » Je leur répond : « Le Christ ne parle pas de la paix que les états et les nations avec l’ONU peuvent signer pour mettre fin à un conflit. Dans ce cas il s’agit d’une paix de ce monde. Tout au contraire il précise : « Je vous laisse ma Paix, je vous donne ma Paix, non comme le monde la donne, mais comme moi je vous la donne. » (Jn XIV, 27) La Paix dont nous parle le Christ n’est pas une paix terrestre, c’est la Paix du cœur. C’est la Paix éternelle de Dieu éternel qui précède toute autre paix. Mais elle comporte cependant des éléments concrets qui peuvent ensuite s’appliquer à la paix de ce monde. Si tu veux la paix dans le monde recherche d’abord la paix intérieure et pour cela pardonnes autour de toi. Examines autour de toi, dans ta famille, dans tes proches amis ou ennemis toutes les personnes avec lesquels tu es en conflits petits ou grands. Les petites disputes comme les grandes ont la même valeur aux yeux du Seigneur. Il n’y a pas au regard de Dieu de petit pardon ou de grand pardon : un pardon qui serait possible parce que la faute à nos yeux est petite et un pardon qui serait impossible parce que à nos yeux elle est grande. il y a le pardon. Commences par pardonner. Tu es responsable à ton échelle de la paix dans le monde. Et tu dois d’urgence commencer à faire la paix autour de toi. Sinon comment peux tu demander à Dieu la paix dans le monde alors que tu entretiens la guerre autour de toi ? Comment dans les prières peux tu exiges du Seigneur la Paix dans le monde alors que tu n’as pas fait la paix autour de toi ? Comment te considérer comme chrétien (chrétienne) en maintenant des inimitiés alors que tout l’Evangile est fondé sur le pardon universel acquis par le Christ sur Sa Croix?

Même la paix qui est survenue après la seconde guerre mondiale entre la France et l’Allemagne, la Russie et l’Allemagne, les USA et l’Allemagne après la signature de l’armistice en 1945, n’aurait pu se faire sans un véritable pardon de ces nations. Il y a eu les traités de paix et ensuite est survenue le pardon du cœur. Aucun des conflits actuels ne se résoudra sans pardon. Nelson Mandela l’avait bien compris en pardonnant aux afrikaners qui avaient pourtant commis d’horrible crime durant des décennies. Il est légitime qu’une nation prenne les armes pour défendre sa patrie menacée. Mais elle ne doit pas haïr l’ennemi. Le meilleur exemple de ce que je m’efforce de vous faire comprendre c’est en peine guerre de 14-18 lorsqu’à la NOËL 1917 les combattant français britanniques et allemands qui se tiraient dessus, qui bataillaient à la baïonnette, ont observé une trêve dans la nuit du 24 décembre et ont fraternisé échangeant nourriture, alcool, tabac et en chantant leur propre chant de Noël, plaçant au-dessus de tout la paix de Noel. Puis le lendemain chacun est retourné dans ses tranchés. Et les combats ont repris. La haine n’y avait simplement plus sa place. Il est des situations où l’on doit défendre son territoire, mais faisons le sans haine, sans condamnation de l’autre. Priez pour ses ennemis signifie pas de leur céder ni de vivre avec eux. Pardonner implique toujours qu’il y a de notre point de vue une injustice commise envers nous. « Aime le pécheur et haie le péché. » Enseignent les Pères. D’ailleurs si nous arrivions à prier pour nos adversaires, nous changerions l’atmosphère du débat. Cela est vrai dans toutes les situations. Prier, ne veut pas dire céder. Prier, c’est forcement s’en remettre à la volonté de Dieu.

Et si tous les hommes mettaient en pratique la pardon du Christ, et l’amour des ennemis la prière pour eux, il n’y aurait plus de guerre et la nature même qui aujourd’hui devient hostile à l’homme serait apaisée. Car là encore, même les scientifiques attribuent aujourd’hui aux méfaits de l’homme et aux égoïsmes nationaux les dérèglements climatiques actuels qui produisent des cataclysmes.

Seul le pardon produit la paix. Sans le pardon et l’amour des ennemis pas de paix ! Pardonne ! Pardonne ! Pardonne ! Aime en secret tes ennemis et tes adversaires, prie pour eux et alors progressivement ton « cœur abritera la Paix du Christ qui surpasse toute intelligence » (Phil. IV, 7) et c’est à partir de cette Paix supra-céleste que la paix terrestres gagnera ton entourage. Un starets roumain l’archimandrite Bénédict Gius m’enseignais en 1973 : « Père Michel, la paix se porte toujours avec une couronne d’épines ». Il disait cela parce que le pardon du Christ est inséparable de Sa Croix. Le Christ pardonne sur Sa croix. Il pardonne par Sa Croix la chair transpercée et la tête couronnée d’épines. Le pardon est difficile et demande un grand combat intérieur, car il s’oppose directement à Satan. Lorsque tu éprouves des résistances intérieures à pardonner, tu penses à des questions d’ordre psychologiques qui t’en empêchent, ou même raisonnablement à l’impossibilité humaine d’y parvenir. A l’importance de la faute commise contre toi qui rend à tes yeux ce pardon impossible. Parfois tu dis : « c’est à lui de faire le premier pas. » Mais tu te trompes ; tu te laisses tromper par le Trompeur. Le Christ a déjà fait pour toi tous les premiers pas vers ton ennemi en effaçant tes propres péchés et en te proposant de t’associer au salut de ton adversaire en te joignant à Son pardon universelle. Car on ne le dit pas assez : pardonner est un acte Christique qui unit l’âme de celui qui pardonne au Christ qui pardonne sur Sa croix. Celui qui pardonne agit en synergie avec le pardon universel du Christ, et par ce pardon il devient transparent au Christ. 
Nous constatons cette opposition, cette résistance au pardon, dans la parabole du Fils prodigue (Lc XV, 11-32) : lorsque le Fils aîné qui représente Satan ( comme ange il a été crée avant l’homme ; il est donc son aîné) s’indigne et s’oppose à propos du pardon que le Père accorde au Fils Prodigue. Le Fils Aîné refuse le pardon au Fils Prodigue et la communion que lui offre le Père. Le Père le supplie le Fils Ainé de s’associer au pardon donné son frère et celui-ci refuse. Le pardon refusé est dans cette parabole le principal et unique motif de la séparation du Fils aîné avec Dieu ( le Père !). 
Le non pardon sépare de Dieu et uni à Satan; et le pardon unit à Dieu et nous sépare de Satan. Voila deux réalités dont il faut prendre d’urgence conscience. Nous voyons également dans cette parabole que le pardon efface tous les péchés, - je le dis bien tous les péchés-, c’est pourquoi Satan haie plus que tout le pardon et celui qui pardonne. Car devant le pardon il est impuissant. Le pardon plus que la prière nous rapproche du divin ; car une prière sans pardon n’est pas appelée prière mais blasphème. Comment prétendre prier si nous haïssons, si nous jugeons et condamnons un seul prochain ? Alors que la prière essentielle qui nous est enseigner comme le model parfait de toutes les formes de prière, le « Notre Père », nous invite à pardonner et nous donne l’exacte mesure par laquelle nous serons pardonnés nous-mêmes lors du terrible jugement : « Remets nous de nos dettes, comme nous remettons (nous même) à nos débiteurs » (Mt VI, 12 ) Nos péchés seraient écarlates, si nous pardonnons tout, nous serons à notre tour pardonnés de tout.

Commençons par pardonner et la véritable prière viendra. La paix du cœur (que l’on peut aussi désigner comme paix de l’âme bien que c’est du cœur qu’elle se manifeste en premier, par la présence sensible du Christ dans notre cœur) provient du pardon illimité de l’amour pour ses ennemis et de la prière pour eux.

L’espérance de la paix commence par le pardon.

« Que la Paix qui surpasse toute intelligence

conserve vos cœur en Jésus Christ » (Phil. IV, 7)

Le 7 janvier 2016 ( 25 décembre 2015 du calendrier Julien)

+Métropolite Michel de Paris et de toute la France

 
Photo de Michel Laroche.

06/01/2016