Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

Monastère de la Protection de la Mère de Dieu


Monastère de la Protection de la Mère de Dieu

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Nouvelle du Monastère de la Protection de la Mère de Dieu

 

Le Très Révérend Archimandrite Mitrophore Cyrille a conféré lors de la Divine Liturgie de la Résurrection du Lundi radieux, le micro-schema ( tonsure monastique) au moine razophore Elie sous le nom monastique de saint  Denis de Kiev ( 3 octobre).  

 

Axios! Axios! Axios! Au nouveau moine Denis du petit habit (micro-schema ) Denis. 

 

Son Éminence  notre Métropolite Michel de Paris et de toute la France s’est réjouit de cette nouvelle qui renforce la vie monastique locale du Canada. Wladika a confirmé sa venue à l’invitation du Très Révérend Archimandrite Cyrille Higoumène du Monastère de la Protection de la Mère de Dieu, pour un séjour au monastère du 15 au 22 septembre de cette année. 

 

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Décret N°17 - 2017

 

Chacun connaît en France comme au Canada les liens historiques qui unissent la France avec le Canada qui fut longtemps (depuis le XVIème siècle) une province française, plus particulièrement au Québec.

 

La langue Française est toujours parlée au Québec et l’identité canadienne française est dans ce pays consubstantielle avec l’identité française.

 

Dans la perspective d’une Eglise Locale Orthodoxe francophone, (mais ouverte aux autres langues et cultures pratiquées par le Peuple Orthodoxe), l’un des plus anciens monastère Orthodoxe du Canada s’est adressé à Son Éminence le Métropolite Michel de Paris et de toute la France membre de l’épiscopat de l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine-Patriarcat de Kiev, qu’il connaissait au travers de ses ouvrages et des ses homélies en Français (vidéos présentes sur YouTube), comme étant le seul métropolite français, et donc de ce fait le seul capable de comprendre la spécificité canadienne Orthodoxe francophone (mais aussi anglophone) des moines, du clergé et des croyants orthodoxes du Canada.

 

Après avoir examiné attentivement la situation pastorale canadienne francophone du Monastère de la Protection de la Mère de Dieu :

 

Nous Métropolite Michel de Paris et de toute la France avons décidé de recevoir sous Notre Omophore le Monastère de la Protection de la Mère de Dieu (168 Chemin Louisa Wentworth, Quebec J8H 0C7 Canada) avec tous ses moines et tout ses croyants qui s’y rattachent spirituellement. Le monastère observera le nouveau calendrier Orthodoxe qu’il observe depuis sa fondation. Il pourra célébrer sans restriction tous les sacrements nécessaires à la vie spirituelle des croyants : baptême, onction, Eucharistie, mariage, sacrement des malades, Pannychide. Seules les secondes noces nécessitent un examen canonique avant une autorisation épiscopale.

 

Donner dans notre résidence de Vaucresson le Vendredi 4 mars 2017 – (18 février 2017 calendrier Julien). Saint Léon Ier le Grand pape de Rome.

 

 +Métropolite  Michel de Paris et de toute la France 

 

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Décret N°17 - 2017

 

Nous Métropolite Michel de Paris et de toute la France avons décidé de recevoir sous Notre Omophore le Monastère de la Protection de la Mère de Dieu (168 Chemin Louisa Wentworth, Quebec J8H 0C7 Canada) avec tous ses moines et tout ses croyants qui s’y rattachent spirituellement.

 

Nous confirmons comme son supérieur son fondateur avec toutes les dignités liées à son rang d’Higoumène en fonction d’un monastère (port de la crosse, mitre) le Très Révérend Archimandrite Mitrophore Cyrille Bradette.

 

Nous nommons l’Archimandrite Mitrophore Cyrile Bradette notre représentant sur tout le territoire du Canada pour toutes les questions ecclésiastiques, pastorales, canoniques, sans limitation de sujet. Il examinera et nous transmettra toutes demandes de quelques natures qu’elles soient provenant d’autres communautés chrétiennes, ou de membres du clergé, ou dans le monachisme.

 

Donner dans notre résidence de Vaucresson le Vendredi 4 mars 2017 – (18 février 2017 calendrier Julien). Saint Léon Ier le Grand pape de Rome.

 

 +Métropolite  Michel de Paris et de toute la France 

 

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Lettre ouverte

 Texte de l’archimandrite Cyrille

 

Le monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Wentworth change d’Église.

 (168 Chemin Louisa Wentworth, Quebec J8H 0C7 Canada).

 

 

Il est temps de faire une mise au point détaillée sur la situation du Monastère de la Protection de la Mère de Dieu. Voici ce que tous doivent savoir :

 

Dans le respect des règles canoniques, j’ai demandé le 1er mai dernier, à l’Archevêque Nicolae la permission de chercher ailleurs une Église prête à recevoir la Communauté monastique de la Protection de la Mère de Dieu sous son omophore. Dans la situation actuelle, le changement de Juridiction est pour nous la condition de la suite de notre engagement dans l’Orthodoxie et de notre réponse à l’appel de Dieu dans la vie monastique. Je veux ici exposer les raisons de cette décision importante.

Pour commencer permettez-moi de rappeler le but et les objectifs de notre fondation il y a plus de dix ans. Le premier but est évidemment de vivre la vie monastique selon la tradition des Églises orthodoxes. Les objectifs se trouvent sur notre dépliant publicitaire : Bien que d’obédience roumaine, notre monastère se veut d’expression française pour mieux incarner l’Église orthodoxe au Québec. De vocation œcuménique, il accueille les chrétiens de toute dénomination qui veulent approfondir leur foi au contact de la spiritualité chrétienne orientale, telle que vécue par les orthodoxes. Nous ne voulons pas nous enfermer dans une enclave ethnique quelle qu’elle soit, roumaine ou québécoise. Depuis le début de notre existence, nous avons toujours été clairs sur nos intentions. Nous avons toujours dit que notre monastère, idéalement, serait à l’image de l’orthodoxie en Amérique. Des moines de toutes les origines ethniques qui accepteraient de vivre ici et en français leur expérience monastique. Enfin, durant toutes ces années frère Élie et moi nous sommes rendus disponibles à tous sans jamais nous préoccuper des origines ethniques (ou religieuse) de nos hôtes.

Comme je l’écrivais dans ma lettre précédente, dans l’Église roumaine d’Amérique, nous faisons face à un problème de taille : l’ethno-phylétisme (le nationalisme ethnique qui réduit le rôle de l’Église à la promotion de la langue et de la culture du pays d’origine). Il faut rappeler que cette hérésie a été condamnée à deux reprises par Constantinople et fondée sur la proclamation dogmatique de la catholicité de l’Église. Voici la condamnation officielle du racisme ecclésiastique ainsi que son argumentation théologique. Elle a été publiée le 10 août 1872. Nous désavouons, censurons et condamnons le racisme, la discrimination raciale c’est-à-dire, les querelles ethniques, les haines et les dissensions au sein de l’Église du Christ, comme étant contraires à l’enseignement de l’Évangile et aux saints canons de nos Pères bienheureux, qui soutiennent la sainte Église et l’ensemble du monde chrétien, l’embellissent et la mène à la piété divine.

Certaines personnes sont réfractaires au terme catholique. Il n’y a pas de problème quand on distingue catholicité et catholicisme. Le catholicisme est applicable à l’église de Rome et la catholicité est la définition de l’Église par le Concile de Nicée. Le Père Florovsky, un grand théologien contemporain, en donne une définition intéressante : Catholique n’est pas un nom collectif. L’Église n’est pas seulement catholique en tant qu’ensemble de communautés locales; elle est catholique dans tous ses éléments, dans tous ses actes, dans tous les moments de sa vie. La structure entière, le tissu vivant de son corps est catholique. Chaque membre de l’Église est et doit être catholique; toute l’existence chrétienne doit être organiquement catholique, c’est-à-dire réintégrée, concentrée, intérieurement centralisée. Le but et le critère de cette unité catholique, c’est que la multitude des croyants n’aient qu’un cœur et qu’une âme, comme c’était le cas à Jérusalem. (Florovsky, G. Le Corps du Christ vivant : Une interprétation orthodoxe de l’Église, p. 27)

Or le premier chapitre de la nouvelle Constitution diocésaine de l’Église roumaine, place l‘Église au service d’une langue et d’une culture. (On affirme même qu’en devenant orthodoxe dans l’Église roumaine on devient Roumain?) L’Église perd alors sa vocation et devient une association socio-culturelle. La geste liturgique devient folklorique et perd sa référence au spirituel. La tradition enseigne que la constitution du christianisme est fondée sur les Béatitudes et sur le Credo. A travers son histoire l’Église embrasse les cultures humaines dans leur diversité, elle devient grecque, byzantine, latine, russe ou américaine. Mais comme saint Paul, elle est aussi libre à l’égard de tous, parce que, en Christ, il n’y a ni Juif, ni Grec, ni esclave, ni homme libre (Gal. 3,28). (Meyendorf, J. Orthodoxie et catholicité)

Mgr Kallistos Ware, dont la réputation n’est plus à faire, fait état de ce problème dans une conférence à la rencontre de l’Archevêché des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale le  1er octobre 2005. La citation est un peu longue mais on ne peut passer à côté : Le patriotisme, la fidélité à sa propre identité nationale, c’est une qualité précieuse, qui peut être offerte au Seigneur, baptisée et sanctifiée-comme nous tous d’ailleurs-ainsi que l’a bien noté Alexandre Soljenistyne entre autre. Mais la catholicité de l’Église, de même que son universalité, comme Corps du Christ et organisme eucharistique, sont bien plus précieuses que notre identité individuelle ou ethnique. Le vrai ordre des priorités est sagement indiqué par le théologien grec Jean Karmiris : Nous ne devrions pas parler, écrit-il, d’une Église orthodoxe nationale grecque, russe ou roumaine- pourrions-nous ajouter, française ou britannique- nous devrions plutôt parler d’une Église catholique orthodoxe unique en Grèce, en Russie, ou en Roumanie- ou en France, en Grande-Bretagne… en Amérique. Certes l’orthodoxie ne rejette pas la nation mais elle l’appelle à être sanctifiée, transfigurée, comme chacun de nous dans le cadre de la catholicité de l’Église.

Le terme « sobor » utilisé par les Slaves et les Roumains ajoute une dimension à l’universalité en impliquant la participation responsable de tous les baptisés à la vie de l’Église. L’Église n’est pas la hiérarchie mais le peuple de Dieu tout entier.

Comme je le disais le problème est de taille. Pour que l’Église orthodoxe existe vraiment en Amérique, comme dans tous les pays qui ne sont pas traditionnellement orthodoxes, il faudrait que tous les diocèses d’Églises étrangères disparaissent et qu’on crée une seule structure ecclésiale multiethnique. Un grand philosophe et théologien du XIXe siècle, le Père Alexis Khomiakov, écrivait en 1850 : Quand l’Église se sera propagée, ou que sera entrée en elle la plénitude des peuples, alors disparaîtront toutes les dénominations locales; car l’Église n’est pas liée à quelque lieu que ce soit, et elle ne garde pas l’héritage de l’orgueil païen; mais elle-même se nomme Une, Sainte, Catholique et Apostolique, sachant que le monde entier lui appartient et que nul lieu n’a une importance particulière, mais ne peut servir et ne sert que temporairement à la glorification du nom de Dieu, selon son insondable volonté.

Dans cet esprit, il est absurde de parler de l’Église de la diaspora. L’Église est chez elle partout. Pour que cette solution soit envisageable il faudrait penser à unifier les orthodoxes par la même foi, la même tradition et la même langue, celle du lieu de résidence, et d’où qu’ils viennent. Ce n’est pas demain la veille…

Nous connaissons concrètement chez nous les conséquences pratiques d’une telle déviation. Ce qui semblait à l’origine être une petite équipe de roumains radicaux qui travaillait avec acharnement à notre bannissement de la communauté roumaine parce que nous ne sommes pas roumains s’est révélé être plus généralisé et à tous les niveaux : clergé et hiérarchie. Le problème est donc un problème d’institution et c’est ce qui lui confère sa gravité. Les responsables ont planifié toute une stratégie pour nous faire du tort et empêcher notre développement. Ce que nous vivons à Wentworth depuis plus d’un an maintenant est accentué par le silence des évêques sur notre situation alors qu’ils étaient informés par écrit de la conspiration contre le Monastère.. En dépit de ces agissements peu chrétiens, bon nombre de Roumains continuent de nous fréquenter en toute connaissance de cause.

Le mépris qui déferle sur nous a fini par nous faire perdre espoir d’être reconnus un jour comme frères. En tant que québécois je trouve triste de voir une catégorie d’immigrants refuser de s’intégrer à une culture qu’ils disent avoir choisie et comme chrétien je trouve scandaleux qu’on se serve de l’Église pour créer un ghetto qu’on protège en rejetant tout élément étranger. Que penser de ceux qui arborent le drapeau de leur pays dans l’église? Comment a-t-on pu chanter le Kondak de la Pentecôte en vivant dans cet esprit de ghetto? Ayant confondu les langues de l’univers, le Seigneur du haut des cieux dispersa les nations; mais en partageant les langues de feu, il invite tous les hommes à l’unité, et tous ensemble nous glorifions le très Saint Esprit.

Ce problème à lui seul justifiait notre demande de désistement, il faut maintenant ajouter la IVe partie de la Constitution diocésaine dont le texte final a été voté au Congrès de juillet dernier et qui a été sanctionné par le Synode de l’Église roumaine à Bucarest en octobre 2016. Je veux ici exprimer notre désaccord sur la partie qui traite des Monastères et qui désavoue l’autorité de l’higoumène en nommant l’évêque supérieur des monastères. Nous reconnaissons que l’évêque est le chef canonique et spirituel du diocèse, il est donc supérieur à l’higoumène mais il n’est pas le supérieur du monastère. C’est une distinction fondamentale.

Comme on le sait, les moines orthodoxes suivent, pour la plupart,  la Règle de saint Basile. Cette Règle, composée de deux recueils, les Grandes Règles et les Petites Règles, ne forme pas un code législatif détaillé comme les règles religieuses modernes, elle est plutôt un large exposé des principes doctrinaux qui donnent à la vie monastique sa base et son éclairage surnaturel en la rattachant à la Parole contenue dans l’Évangile. Elle est une parfaite théologie de la vie monastique, toujours valable, en même temps qu’un précieux enseignement concernant la pratique des vertus chrétiennes. Le monachisme constitue donc une riche tradition dans l’Église. Saint Basile dit que les monastères sont à l’Église ce que l’Église est au monde.

Depuis plus d’un millénaire, aucune Règle monastique, aucun commentaire sur le monachisme, ne se réfère à l’évêque ou à l’Église institutionnelle comme référence administrative ou même de direction spirituelle. Dans toute la littérature sur le monachisme c’est l’Abbé qui est le gardien de la Règle et du typicon. L’Abbé est l’autorité vivante qui interprète l’autorité écrite de la Règle. On ne conteste pas que l’Abbé est subordonné à l’évêque du diocèse mais il n’est pas son subalterne. Subordonné veut dire en communion dans l’ordre sacramentel et à ce titre l’évêque est le superviseur et non le supérieur des monastères établis dans son diocèse. Toute la vie monastique est organisée autour de l’Abbé comme la famille autour du père. Le Typicon du Patriarche Alexis, datant du XIe siècle, stipule que l’Abbé est le père spirituel de ses moines. Il est le chef de la famille et son autorité est celle d’un père et pasteur attaché aux plus anciennes traditions. Il est l’âme du monastère, le confident de ses frères. Il voit à l’organisation de la vie monastique et il donne à chacun son obédience dans le monastère. Par sa vie, il donne un exemple de fidélité à l’esprit de l’Évangile, source de toute Règle monastique. A la fois représentant du Christ pour ses moines et organe chargé de formuler la volonté divine envers chacun, il est le centre concret de la charité dans le monastère. L’union à l’Abbé, gardien des vœux prononcés par les moines, est l’instrument et le symbole nécessaire de l’union invisible du moine au Christ et à l’Église. Comme l’Abbé est subordonné à l’évêque, les moines sont soumis à l’Abbé, seul supérieur du Monastère. La charge de l’Abbé répond donc aux besoins spirituels et administratifs des moines. On comprend alors la pertinence de le nommer à vie. C’est de toute évidence une erreur de réduire le rôle de l’Abbé à un rôle d’administrateur.

Le monachisme est ecclésial, il n’est pas diocésain. Les Monastères sont un bien pour l’Église et non un bien du diocèse. Dans la tradition millénaire, les monastères sont autonomes et autosuffisants. L’Abbé veille à ce que l’intégrité, le but et l’objectif de la vie monastique soient préservés de toute interférence dans l’intérêt des moines. Il nous apparaît évident que la nouvelle Constitution de l’Église roumaine en Amérique, qui nomme l’évêque supérieur de tous les monastères, devient une ingérence des évêques qui compromet la vie et le développement des monastères. C’est la meilleure manière de condamner tous les projets de fondation à l’échec. 

Pour sa part saint Jean Climaque est explicite sur la question des œuvres des monastères. Pour lui la raison d’être des monastères n’est pas dans ce qu’ils font mais dans ce qu’ils sont. Les moines ne se retirent pas loin du monde pour attirer les foules mais pour orienter leur vie vers l’homme intérieur et ainsi trouver leur vraie dimension et leur originalité. Selon la grande tradition l’accueil des hôtes est important; c’est la « fonction servante » du monastère, de même que toute l’Église est « servante » des hommes.

A toute fin pratique, la nouvelle Constitution de l’Église roumaine place tous les monastères en tutelle en donnant à l’évêque l’autorité de l’abbé. Il est possible que l’imposition d’une tutelle soit appropriée dans certains cas et l’évêque a l’autorité de le faire. Ce que nous trouvons abusif c’est de mettre tout le monde dans le même bateau comme si les monastères étaient des problèmes à gérer plutôt que des ressources à soutenir. Pendant la préparation du Congrès les Abbés ont exprimé leur point de vue sans être écoutés, nous avons fait des propositions qui n’ont pas été retenues. Notre objectif était de préserver notre mission telle que formulée par l’Archevêque en me nommant higoumène le 21 octobre 2004 : Conformément aux Constitutions monastiques de cette Communauté, en tant qu’higoumène, le Père Cyrille sera le premier responsable de la Communauté et de la mission que celle-ci doit accomplir au Québec. Ce n’est pas nous qui avons changé les règles.

Enfin, comme québécois francophone je trouve inadmissible que le français soit volontairement absent de cette constitution.

Je veux profiter de cette mise au point pour exposer publiquement mon profond malaise en ce qui concerne le rituel liturgique de nos évêques. Dans l’Église, l’unité rituelle est l’icône de son unité comme Corps du Christ et animée par le même Esprit. On devrait donc estimer au plus haut point cette unité dans les rites de l’Église qui manifeste, même pour les non-éclairés, l’unité d’esprit et de doctrine. Depuis au moins un siècle les théologiens réfléchissent sur la nécessité de restaurer le rituel byzantin : supprimer les répétitions, l’ekténie pour les catéchumènes, certaines petites ekténies,  faire à haute voix les prières secrètes, chanter solennellement l’Épiclèse, permettre au diacre de faire la Proscomédie, utiliser les langues parlées, permettre une plus grande participation des fidèles, revoir le rôle de l’iconostase… Paul Evdokimov (1966), Alexandre Schmemann (1985), Henryk Paprocki (1993), pour ne nommer que ceux-là, ont commencé une réflexion qui voulait établir des bases vers un changement du rituel que seul un Concile peut décider. La Liturgie ne nous appartient pas, notre rôle de célébrant est de la célébrer et non de la changer. Les évêques roumains d’Amérique auraient dû avoir au moins l’autorisation formelle du Synode pour chanter les prières secrètes et ainsi imiter la nouvelle liturgie latine. J’ai vécu de l’intérieur le renouveau liturgique  de l’Église latine dans les années 60. Les mêmes réflexions  étaient à la base des propositions de renouveau. Certains voulaient garder une liturgie du mystère de la mort et de la résurrection dans la langue du peuple, d’autres voulaient mettre l’accent sur le repas du Seigneur (la sainte Cène) et rendre accessible le canon eucharistique. Cette dernière proposition a été retenue et l’Église en Concile a imposé un nouveau rituel qui demandait des modifications importantes au mobilier des églises et un réapprentissage du rituel. Ces changements n’ont pas été simples et trop souvent on a assisté à une perte du sens du sacré dans les célébrations liturgiques parce que chacun a interprété à sa façon ce qui était proposé. Il y a là une raison importante de ma démarche vers l’Orthodoxie. Mgr Kalistos Ware, dans la conférence précitée, disait qu’on peut accepter des particularités régionales dans le rituel mais que pour le moment  il est préférable de ne rien changer en laissant aux décideurs la mission de proposer un rituel qui respecte la tradition et réponde aux besoins actuels de l’Église.  Pour ma part je suis ouvert à la réflexion sur un renouveau, ce qui crée le malaise ce sont les initiatives personnelles qui brisent l’unité et qui ouvre la porte aux abus

Un dernier point qui mériterait une réflexion c’est la question des couleurs liturgiques. Bien que le rituel orthodoxe ne parle que de couleur claire et couleur sombre pour les vêtements liturgiques, il reste que nous avons en grande partie adopté la coutume latine. Pour ma part j’ai voulu combattre le n’importe comment pour préserver la valeur des symboles. Ceux et celles qui fréquentent régulièrement le Monastère savent que j’attache de l’importance à cette pédagogie des couleurs qui supporte à sa manière le sens des célébrations. Un symbole qui n’a plus de sens est insignifiant et l’insignifiance n’a pas sa place dans le rituel. Pour une plus grande unité, certaines Églises indiquent la couleur sur leur calendrier liturgique. L’Église roumaine aurait avantage à le faire puisque de toute évidence elle ne forme pas les candidats au sacerdoce sur cet élément de la pédagogie liturgique. Je suis conscient que ce souci des couleurs donne du travail au sacristain, mais je crois vraiment que le résultat en vaut le coût.                                              

En terminant, je voudrais encore une fois démontrer que notre vision de l’Orthodoxie et du monachisme respecte la grande Tradition en citant saint Basile qui, à une toute autre époque, exprimait l’idéal monastique : Des hommes, issus de races et venus de régions différentes, parviennent à établir entre eux une telle communion qu’il nous semble voir une seule âme demeurer dans de nombreux corps et que ceux-ci apparaissent comme les organes d’une seule et même pensée… c’est l’amour qui garantit à leur libre choix sa pleine liberté. (18, P. G. 31,138 1 D-1384 A)

Je crois que nos lecteurs comprendront, nous n’avions pas le choix, nous devions laisser l’Église roumaine aux Roumains. Toutes les personnes que j’ai consultées m’ont conseillé la fuite. Ce n’est pas de gaité de cœur que nous quittons cette Église mais non nous ne sommes pas roumains et non nous n’avons pas l’intention de le devenir. Il est bien entendu que nous ne fermerons jamais la porte de notre monastère à nos frères Roumains. Nous avons tissé avec plusieurs des liens plus que fraternels en ces dix dernières années. Si des murs se construisent ce ne sera pas à Wentworth. Chez-nous les pèlerins de toute ethnie et de toute juridiction sont les bienvenus. J’espère que nous tirerons tous profit de cette expérience. Nos échecs peuvent contribuer à notre croissance en nous faisant connaître nos faiblesses. Enfin nous souhaitons que notre désistement se fasse dans la dignité afin d’éviter tout scandale pour la foi des plus faibles.

Après avoir prié et consulté, nous avons approché les autorités de certaines Églises et nous avons été surpris de l’intérêt que la fondation suscite.  Cependant, comme le Métropolite Nicolae refuse de me donner la dispense canonique, nous sommes contraints d’aller dans une Juridiction non reconnue. Notre recherche nous a conduits vers l’Éparchie orthodoxe de Paris et de toute la France, du Patriarcat de Kiev. Nous avons reçu un accueil fraternel  et chaleureux du Métropolite Michel. Son expérience personnelle est la source de sa compréhension de notre situation et sa compassion.

J’ai dit Juridiction non reconnue, ce qui n’est pas la même chose que non canonique ou schismatique. Quand j’ai quitté l’Église catholique j’ai consulté un canoniste qui enseignait à l’Université de Montréal et il m’a expliqué qu’il y avait deux sortes de canonicité : celle du type A et celle du type B. La canonicité du type A est celle qui est fidèle à l’enseignement des Apôtres et des Pères et dont le sacerdoce est valide. «Ils se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Act 2, 42). Elle est le fondement de l’Église et c’est elle qui nous permet de proclamer que l’Église est une. Celle du type B est juridique et est liée aux Institutions. Souvent pour des raisons politiques les autorités décident de l’appartenance ou du rejet des Églises, on reconnaît ou on ne reconnaît pas. Quand on dit aujourd’hui non canonique, on se réfère habituellement à celle du type B. Le schisme de 1054 est aussi du type B. Le terme schismatique n’est pas péjoratif, il ne signifie pas « déchet de l’Église », mais c’est un terme juridique qui nous prive certes du lien sacramentel avec les autres Églises mais ne nous dispense pas des liens fraternels.  Dans ma recherche, il est évident que l’Église de Kiev est canonique selon le type A et c’est ce qui compte pour moi. Le contact que j’ai eu avec le Métropolite Michel a été d’un réconfort peu commun et comme on reconnaît l’arbre à ses fruits, je sais que je peux avoir confiance.

De plus le défi que nous avons à relever est exaltant. Nous avons à bâtir l’Église chez-nous. Le mandat qui m’est confié est très exigent : « Nous nommons l’Archimandrite Cyrille notre représentant sur tout le territoire du Canada pour toutes les questions ecclésiastiques, pastorales, canoniques, sans limitation de sujet. Il examinera et nous transmettra toutes demandes de quelques natures qu’elles soient provenant d’autres communautés chrétiennes, ou de membres du clergé, ou dans le monachisme. »  Nous n’avons plus à nous intégrer à des étrangers pour être chrétiens. Les chrétiens qui viennent d’ailleurs et qui s’intègrent à leur pays d’adoption se sentiront chez eux chez-nous. Cette charge est effective à partir du 5 mars 2017, dimanche de l’Orthodoxie.

Évidemment nous savons que cette décision aura des conséquences et plusieurs fidèles en souffriront, et je leur demande pardon. Le texte punitif (bulle d’excommunication) viendra bientôt et il ne nous surprend pas. Nos hiérarques nous ont habitués à l’exercice d’un pouvoir coercitif et nous savons que depuis au moins un an ils attendent d’avoir une bonne raison pour l’exercer contre nous. On me fera bientôt un procès « in absentia » et sans défense. Je plaide coupable de schisme et, s’il y a une faute, je laisse à Dieu le jugement sur ma responsabilité morale. Pour le moment ce texte est plus une libération qu’une punition.

Et voilà que pour la première fois en plus de dix ans, on parlera de nous dans toutes les paroisses roumaines et ce sera pour nous condamner. Mais si vous visitez le site de l’Éparchie orthodoxe de Paris et de toute la France, vous verrez avec quelle fierté on présente le monastère.

Sans regret et sans colère, nous tournons donc la page sur notre expérience avec l’Église de Roumanie. Le Monastère demeure ce qu’il a toujours été. Nous voulons continuer à être ce que nous sommes et nous maintenons intact le projet de construction de notre église dans le style Maramures. Dans la charité et l’apprentissage du pardon, nous continuerons de prier pour que l’Esprit éclaire ceux qui nous aiment et ceux qui nous haïssent.

 

Quelle belle occasion de rafraîchir la prière de saint Éphrem :

 

Seigneur et Maître de ma vie,

L’esprit d’oisiveté, de domination, de découragement et de parole facile,

Éloigne de moi.

L’esprit de pureté, d’humilité, de patience et de charité,

Donne à ton serviteur.

Oui, Seigneur mon Roi, accorde-moi de voir mes fautes

Et de ne pas juger mon frère, car tu es béni dans les siècles des siècles. Amen.

______________________

Archimandrite Cyrille (Bradette)

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Appel à la prière sur le carillon du Monastère

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Homélie 

 

 

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Suaire de Sainte Parascève de Iasi

 

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 Reliquaire

 

Liste des reliques conservées au Monastère de la Protection de la Mère de Dieu

à Wentworth au Québec.

(LISTE)

 

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Agapes


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 Le monastère et la chapelle (septembre 2007

 

 

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TRAVAIL MONASTIQUE

 

 

 

  

 

CIERGERIE DU MONASTERE

 

 

 

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Lien pour accéder au site internet du monastère :

 

http://monastereprotection.com/

 

 

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04/03/2017
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