Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

DÉCRETS ET MANDEMENTS DE SON ÉMINENCE LE MÉTROPOLITE MICHEL DE PARIS


Aimons-nous le même Christ

 

 

Nous demandons que dans chaque paroisse et monastère qui sont sous notre omophore en France, comme en Italie, soit affiché et distribué ce texte qui donne une explication sur ce qui distingue, et parfois sépare, l’Eglise  Orthodoxe de l’Église  Catholique Romaine. Et cela pour ne pas entretenir la funeste confusion et illusion que tout est pareil et qu’uniquement des points mineurs empêcheraient le rétablissement de la communion.

 

Nous invitons tous nos croyant orthodoxes à aimer nos frères catholiques et à  prier pour le rétablissement de cette communion dans l’Amour et  la Vérité, ni l’Amour sansla Vérité, ni la Vérité sans l’Amour.

 

+Métropolite Michel de Paris et de toute la France

 

Donné le mardi 9 août (27 juillet calendrier Julien) 2016

 

Fête du Saint et Grand Martyr Pantéléimon l’Anargyre et de Saint Clément d’Ohrid.

 

« Aimons-nous  le même Christ ?  »

 

 

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Combien de fois dans ma vie de prêtre puis d’évêque ne m’a-t-on posé cette question : « Pouvez vous m’expliquer ce qui distingue aujourd’hui un chrétien Catholique d’un chrétien Orthodoxe ? » ou plus généralement « ce qui distingue l’Eglise Catholique Romaine de l’Eglise Orthodoxe ? ».

 

Je ne souhaite ni blesser mes frères catholiques dont je respecte la foi ardente, ni tomber dans le pseudo-œcuménisme dans lequel des Orthodoxes « spécialistes de l’œcuménisme», embourbés dans les relations étroites et affectives avec leurs interlocuteurs théologiens catholiques, n’osent plus aborder frontalement   les sujets qui nous séparent encore, en laissant croire que nous sommes à la veille de recouvrer notre communion des neufs premiers siècles. Aussi ai-je rédigé sous la forme d’un long aphorisme ce dialogue qui est loin d’être imaginaire, car il est le résumé d’une multitude conversations que j’ai eu sur ce sujet, depuis plus de quarante ans comme prêtre de paroisse puis comme évêque, avec de nombreux orthodoxes et catholiques. J’ajoute que de très nombreux croyants orthodoxes ne connaissent pas toujours leur propre « Confession de la Foi Orthodoxe » et par là-même les différences de théologie qui existent entre les deux Églises, catholique et orthodoxe. Ce texte s’adresse donc principalement à eux.

 

J’ai laissé de côté dans cet aphorisme la question de l’ecclésiologie (elle aussi dogmatique) pour n’y aborder que des questions sur la foi.

 

Un catholique en ces temps d’œcuménisme, voyageant dans un pays orthodoxe et visitant un monastère, questionna l’un des moines : « Bonjour mon Père pouvez-vous m’expliquer ce qui distingue aujourd’hui un chrétien catholique d’un chrétien orthodoxe ? »

 

Le moine lui répondit par cette interrogation : « Aimons-nous le même Christ ? » Le croyant catholique choqué répondit : « Mon Père pourquoi cette question ? Naturellement nous aimons le même Christ.» Le moine lui répondit : « Je n’en suis pas certain. Vois-tu,   il existe de très nombreuses différences, revêtues d’une importance capitale pour nous orthodoxes, dans la confession de la foi et dans la pratique qui en découle.

 

Le croyant catholique interrogea à nouveau le moine : « Mon Père pouvez-vous m’éclairer sur ces différences de ce que vous nommez « la confession de la foi », qui pourtant à ce que j’entends dans les rassemblements œcuméniques seraient tout à fait mineures et sur le point d’être surmontées ? » 

 

Le moine reprit la parole : « Afin de répondre à ta question par des exemples concrets, je vais te montrer un Christ différent chez nous de chez vous. Chez vous dans l‘Eglise Catholique vous adorez le Saint Sacrement dans un ostensoir : c’est ce que nous définissons comme l’adoration du Christ extérieur. Alors que chez nous dans l‘Eglise Orthodoxe, chaque croyant en recevant en lui par la communion sous son aspect de pain et de vin, le Corps et le Sang du Christ, l’adore dans son cœur et murmure le Saint Nom de Jésus en prononçant intérieurement ou à voix basse : « Mon doux Jésus, mon doux Jésus » ou « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu aie pitié de moi pécheur. ». C’est ce que nous nommons adorer le Christ intérieur.

 

Un autre exemple d’un Christ différent chez nous de chez vous : chez vous, les enfants ne peuvent pas recevoir le Christ Eucharistique ( la Communion) avant l’âge de dix ans, alors que chez nous, nous observons scrupuleusement la parole du Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants. » (Mt XIX, 14 ; Lc XVIII, 16 ; Mc X, 14) et les petits enfants communient au Sang du Christ  à partir du  jour de leur baptême, car nous savons que ce n’est pas le fait de comprendre l’Eucharistie qui lui confère la grâce qu’elle porte en elle-même, mais c’est le Christ qui est  agissant dans la personne qui Le reçoit, dans Son Corps et dans  Son Sang. C’est là une   vérité qui reste un grand mystère, non seulement pour les petits enfants, mais pour les adultes. Nous sommes étrangers à la pensée qu’il faut comprendre la Communion Eucharistie pour la recevoir. Qui peut comprendre avec son intelligence humaine le Mystère de l’Eucharistie ?  C’est le Christ qui Se comprend en nous, au-delà de notre misérable intelligence humaine. Ne séparons pas les enfants du Christ Eucharistique. Notre Christ, non seulement donne la Communion aux petits enfants ce que ne fait pas votre Christ, mais Notre Christ donne la Communion   à TOUS les pécheurs qui se repentent sincèrement, car Notre Christ a dit : « Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les malades ; je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pécheurs ; ce sont les malades qui ont besoin de médecin ». (Mt IX, 11-13 ; Mc II, 17 et Lc V, 31). 

 

Notre Christ nous fait donc donner l’Eucharistie aux divorcés remariés, après leur avoir conféré des Secondes Noces dans l‘Eglise. Votre Christ les exclut de la communion eucharistique. Comme tu peux le discerner dans ces exemples notre Christ aime les pécheurs, aime les petits enfants et  est adoré à  l‘intérieur de soi. L’adoration dans l’Eglise Romaine du Christ extérieur est la conséquence de l’éloignement du Christ Eucharistique dans l’Eglise Catholique, d’une catégorie de personnes. On ne peut pas, étant divorcé et remarié civilement, ou étant enfant,  Le recevoir à l’intérieur ;   alors l’Eglise Romaine  cultive cette adoration extérieure de l’Eucharistie, qui selon nous les Orthodoxes est un contre-sens de ce qu’est la communion : recevoir en nous le Christ Eucharistique pour qu’il nous greffe à nouveau, comme des sarments à la Vigne (Jn XV, 5), car nous péchons tous après notre baptême. » 

 

Le moine ajouta : « Vous ne croyez pas à l’efficacité absolue du Sacrifice du Christ sur la croix et   du pardon illimité et immédiat du Seigneur pour une âme qui se repent avec sincérité de ses péchés. Car l’Eglise Catholique, même après l’absolution des péchés dans le sacrement de la confession, ajoute une peine supplémentaire qui n’existe pas dans l’Evangile : le Purgatoire ! Aucun apôtre, ni aucun des Pères de l’Eglise n’a enseigné l’existence de cette punition après le repentir et le pardon d’un pécheur. Si le Purgatoire avait réellement existé, alors le Bon Larron, bien que pardonné par le Seigneur sur Sa Croix de ses nombreux et abominables péchés n’aurait pas été introduit directement au Paradis, avant même tous les saints. Le Christ sur Sa Croix promet pourtant au Bon larron : « Amen. Je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis. » (Lc XXIII, 42 ) Le Seigneur fait entrer  au Paradis  le Bon Larron devant tous les saints de l’Ancien Testament, les prophètes, les patriarches,  et même devant Saint Jean Baptiste; dis moi où se place dans cette action le Purgatoire ? 

 

Le croyant catholique attristé par ces réponses demanda au moine : « Mais croyez vous à l’Unité de l’Eglise ? Que Catholiques et Orthodoxes puissent un jour être unis et communier ensemble ? » Le moine répondit : « Je crois dans l’Eglise Une, Sainte Catholique et Apostolique qui est l’Eglise Orthodoxe et je crois au retour du Fils Prodigue, après son repentir comme dans la parabole, dans l’unité du Père.

 

Mais à ton tour réponds-moi à cette question : « Quel est le Chef de l’Église ? » Le croyant Catholique répondit sans hésiter : « Le Pape ! » Et le moine lui dit alors : « Chez nous dans l’Eglise Orthodoxe le Chef de l’Église est Son Fondateur : le Christ ! 

 

Vois-tu quelle vertigineuse différence existe entre vous et nous. Vous, c’est un simple homme, certes revêtu de la grâce de l’épiscopat. Chez nous le Chef de l’Eglise c’est le Dieu fait homme Lui-même. Il n’y a rien de comparable. Enfin l’Eglise a toujours été une, de ce fait l’unité de l’Eglise c’est d’être unie à la Vérité qui est le Christ, mais non pas de s’unir à telle ou telle communauté chrétienne particulière qui se serait séparée d’elle. Nous prions pour que vous retourniez comme le Fils prodigue dans l’unité de la Maison du Père.

 

Le croyant catholique attristé : « Mais il n’y a selon vous aucun espoir que nos Eglises communient un jour ? » Le moine répondit : «  Lorsque des orthodoxes signèrent l’union avec Rome au Concile de Florence Ferrare (1438-1439), ils cessèrent d’être orthodoxes  et furent tous à leur retour dans leurs nations désavouer par le Peuple Royal. Certains se convertirent  à nouveau par le repentir à l’Orthodoxie, comme le futur patriarche Constantinople Gennadios (1454-1465), disciple de saint Marc Eugénikios (1392-1444) qui n’avait pas signé. La leçon de tout cela c’est que dans l’Eglise,  on ne réalise pas l’union par des accords et des traités qui ressemblent à ce que les états réalisent entre eux dans ce monde, sans aucune place pour le Saint Esprit. L’union commence par une personne qui quitte l’hétérodoxie pour revenir à l’Orthodoxie et qui ne laissent pas une institution décider pour elle de ce qui est la vérité et de ce qui ne l’est pas. Ce qui fut fait à Florence dans une réunion qui s’apparentait à l’ONU d’aujourd’hui, fut défait par la conscience de chaque chrétien orthodoxe. Mais j’ajoute que des points importants de la doctrine sur laquelle se réalise tout le salut de l’homme et l‘action dans le mystère de l’Incarnation  de la Divine Trinité dans le monde, selon la parole de l’Apôtre « Tout est de Lui par Lui en Lui » (Rom XI, 36), séparent l’Eglise Orthodoxe de l’Eglise Catholique. » 

 

« Mon Père pourriez vous m‘éclairer ? » Le moine répondit à nouveau : « Tout est de Lui le Père, par Lui le Fils et en Lui l’Esprit Saint » comme le commente saint Athanase d’Alexandrie dans sa lettre à Sérapion. aucun don ne nous parvient sans la communication du Saint Esprit, comme nous le verrons plus loin pour sa grâce incréée. Je ne vais pas approfondir ici la  théologie dogmatique sur l’Esprit Saint qui procède du Père seul dans l’Eglise Orthodoxe, et du Père et du fils dans l’Eglise Catholique, contrairement aux deux définitions des Conciles de Nicée I (325)  Et Constantinople I (381). Contrairement surtout à la parole même du Christ dans l’Evangile de Saint Jean le Théologien qui ne parle pas de cette double procession. Elle  affaiblit dans la théologie Trinitaire Catholique l’Hypostase (Personne)  du Saint Esprit en la soumettant au Père et au Fils, alors que selon la Parole : « l’Esprit de Vérité procède du Père » (Jn XV, 26). Si le Seigneur avait voulu enseigner la double procession il aurait alors dit : « L’Esprit de Vérité qui procède du Père et  du Fils ». Je ne vais pas non plus approfondir la théologie mariale catholique romaine selon laquelle la Vierge Marie aurait été préservée du péché originel, ce qui est enseigné dans l’Eglise Catholique, alors que les Saints Pères de l’Eglise nous enseignent qu’elle est purifiée du péché d’Eve par l’Esprit Saint lors de l’Incarnation (Fête de l’Annonciation),  et avec saint Ambroise de Milan, qu’elle est la première sauvée par son Fils, ce qu’elle atteste lorsqu’elle s’exclame dans le Magnificat « Et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur ». ( Lc I, 47)) Pour nous Orthodoxes cette affirmation que la Mère de Dieu est née avec le péché d’Eve est fondamentale : car la première Eve, née sans péché, introduit dans le monde le  péché. Alors que la secone  Marie, née avec le péché originel, demeure sans péché et  introduit dans le monde Celui qui nous sauve du péché. La Vierge Marie préservée dans votre Eglise du péché,  lorsqu’elle répond « oui » à Dieu ne représente qu’elle-même, alors que la Mère de Dieu sans péché personnel, mais atteinte comme nous tous dès sa conception  par le péché d’Eve,  dans notre Eglise lorsqu’elle dit « oui », représente bien toute notre humanité atteinte par ce même péché. Je ne vais pas non plus approfondir  la  théologie inconnue chez vous de la  grâce incréée dans le dogme orthodoxe, alors que dans le dogme   catholique la grâce serait créée, ce qui fait que ceux qui reçoivent cette soi-disant grâce, n’ont aucune participation à la déification des saints. Dans l’Eglise Orthodoxe nous confessons avec Saint Grégoire Palamas  « que la grâce est incréée », et que nous la nommons aussi « énergie  ou lumière incréée», et  que c’est cette lumière incréée  que contemplèrent les apôtres sur le Mont Thabor lors de la transfiguration du Christ, car par l’effusion en eux de cette lumière,  devenant esprit, ils purent  contempler ce qui est Esprit. Comme tu le vois chez nous la théologie de la grâce est immédiatement la source d’une expérience spirituelle qui va de la « praxis » ici la confession juste de la Foi Orthodoxe à la « théoria » la vision (contemplation) de la lumière incréée.  De nombreux saints chez nous ont connu la vision de la Lumière incréée et ont été transfiguré par cette  divine Lumière comme saint Syméon le nouveau Théologien (IXème siècle)  et plus récemment Saint Séraphim de Sarov (XIXème siècle)   ou encore le grand Starets de bienheureuse mémoire Sophrony (XXème siècle),  le disciple de saint Silouane du Mont Athos. Le Croyant Catholique questionna : «  C’est la première fois que m’on me parle de la lumière incréée. On n’en parle jamais dans notre Eglise. Et je ne  comprend pas cette distinction que vous faite entre Dieu et sa grâce ? Pourquoi selon vous est-ce important que cette grâce soit incréée plutôt que créée comme un don que Dieu nous ferait ? » Le moine répondit : « Il est question de la distinction entre l’essence (ousia)  même de Dieu imparticipable, et de la participation à Dieu des croyants à travers Ses énergies incréées. Pour nous cette question est centrale, car sans cette participation nous sommes comme du bois mort : il nous manque la sève. Représente-toi  Dieu comme le Soleil incréé et dont les rayons seraient selon la doctrine de  l’Eglise Catholique, ajoutés à un moment donné.  Dans l’Eglise Orthodoxe  les rayons ont toujours existé avec le Soleil Divin. Il n’existe pas un instant où il y aurait eu le Soleil incréé privé de ses rayons (autrement dit, grâce, énergies, lumière, incréées)  qui sont une émanation bienfaisante de Sa divinité. Les rayons, c’est-à-dire les énergies  incréées, se distinguent bien de l’essence( Ousia) que constitue le Soleil Divin ;   mais Dieu étant sans commencement, il ne peut exister un moment arbitraire dans lequel le Soleil Incréé aurait existé sans Ses rayons, eux aussi incréés qui émanent de Lui. Notre Eglise Orthodoxe  nous enseigne que c’est par la venue en nous  de Ses énergies incréées que s’opère en nous la déification. Je sais que tout ceci très important pour nous les Orthodoxes peut  te sembler trop théologique. Mais chez nous : « Tu es théologien si tu pries ; et si tu pries véritablement tu es théologien » (Evagre le Pontique : Traité sur l’oraison)  Théologie et prières sont les deux faces de la même pièce. »

 

 Le croyant Catholique reprit « Mon Père je vois dans tout ce que vous me dites des différences, effectivement que je ne connaissais pas, de confession de la foi entre nos deux Eglises,  mais pas concernant   le Christ qui serait, selon vous, différent dans nos deux Eglises ? ». Le moine continua : «  C’est que vois-tu dans l’Eglise Orthodoxe il n’existe aucune différence entre la Vérité et le Christ. Il n’y aurait pas abstraitement, intellectuellement, philosophiquement d’un côté une ou des vérités dont on pourrait discuter et tenter, comme on le fait parfois aujourd’hui, de s’arranger pour construire une unité, et de l’autre un Christ  séparé, distinct,   de cette vérité dont on pourrait disserter à l’infini. Chez nous le Christ EST LA VÉRITÉ !  Porter atteinte à la Vérité, c’est défigurée l’icône sacrée du Christ ; c’est édifier un Anti-Christ.

 

Le croyant Catholique posa cette dernière question : « A vos yeux suis-je un hérétique ? »

 

« Le moine lui répondit en le regardant avec amour : « Je ne te considère pas comme hérétique, mais comme un chrétien sincère, mais  laissé dans l’ignorance de la Tradition par ta propre hiérarchie, car on ne t’a pas enseigné la Vérité.  J’ai la plus grande compassion pour toi, et je te propose une seule chose : participe (sans communier car tu n’es pas Orthodoxe) à la Divine Liturgie de Saint Jean Chrysostome  car en elle est le consensus ecclésia de l’Eglise Orthodoxe. C’est dans la liturgie que nous devenons Orthodoxe. Juge l’arbre à ses fruits. Rentre dans le temps transfiguré de la liturgie éternelle. Nous ne devenons pas Orthodoxe en lisant des livres, mais en participant sans exaltation, mais avec intériorité, repentir et larmes dans la vision de nos péchés, à la Divine Liturgie célébrée invisiblement par Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ avec à Ses côtés la Très Sainte Mère de Dieu et les Apôtres,  entourés des hiérarchies Céleste et de tous les saints. Ainsi tu réaliseras le quatrième  verset du « Notre Père » : « Sur la Terre  comme au Ciel », car la Divine Liturgie est le Ciel sur la terre. Et que tout y est comme au Ciel. Elle est une terre céleste un Ciel terrestre.  Mais ce sera à toi de me répondre ayant pris connaissance des différences qui existent entre nos deux confessions de la Foi , si nous aimons le même Christ ? Ce que je peux t’affirmer c’est que mon Christ, mon doux Jésus,  celui que j’adore et que je confesse orthodoxement,   aime tous « les pécheurs dont je suis le premier » (I Thim, I, 15), et que donc Il t’aime et aime tous les croyants chrétiens. Comme pour la Samaritaine pourtant hétérodoxe du point de vue judaïque, et  qui par sa conversion au Christ devint sainte Photinie (Lumière), Il  t’appelle à la conversion et à  l’adorer « en Esprit et en Vérité » (Jn IV, 24). 

 

+Métropolite Michel de Paris et de toute la France.

 

Dimanche  31 Juillet 2016 (18 juillet Calendrier Julien) Dimanche des saints Pères Théophores des six Premiers Conciles œcuméniques.

 

 

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A tout notre clergé et nos croyants membres du Doyenné Orthodoxe Saint Pétro Moghyla d’Italie, Sicile et  Sardaigne 

 

Le Christ est Ressuscité !

 

Nous voulons par ce mandement confirmer et expliquer la signification de l’Ukase (décret) N° 23 signé par Sa Sainteté notre patriarche Filaret de Kiev et de toute Russ' Ukraine en date du 11 mai 2016.

 

En plaçant sous notre omophore le nouveau Doyenné, la première signification, selon la parole de saint Ignace d’Antioche est que soit réalisée pour le Doyenné et chacun de ses membre la certitude qu’ils sont membres de l’Eglise « Là est l’évêque, là est l’Eglise ». En vous donnant un évêque, vous avez reçu l’Eglise dans sa plénitude.

 

Ensuite une seconde constatation s’impose, le Métropolite de Paris et de toute la France est membre de l’épiscopat d’un grand patriarcat, la seconde Eglise Orthodoxe du monde par le nombre de ses croyants (plus de vingt millions). Le Métropolite de Paris et de toute la France  travaille étroitement avec Sa Sainteté le Patriarche et les autres évêques. Il est un évêque qui agit en concertation avec son patriarche et les autres membres de l’épiscopat. Il n’est pas un évêque isolé  comme il y en a tant en France et en Italie(parfois à la succession apostolique douteuse). Il travaille selon le canon 34 apostolique : «  Les évêques de chaque nation [ethnos] doivent savoir qui est le premier [protos] parmi eux, le prendre comme chef et ne rien faire d’important sans avoir pris son avis. Chacun doit agir seulement dans des domaines qui regardent sa circonscription et les territoires qui en dépendent et même le premier ne doit rien faire sans avoir pris l’avis de tous: c’est ainsi que règnera la concorde et que sera glorifié Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit Saint ». 

 

Comme l’Italie et la France ne sont pas encore organisées en Eglises autonomes étant donné le trop jeune âge d’une présence orthodoxe dans ces deux nations et  la conversion récente de certains de ses nationaux à l’Orthodoxie (même  si une part substantielle de croyants nés dans l’Orthodoxie existe),  et le faible nombre de ses croyants, il est indispensable qu’une  Eglise Mère vénérable et millénaire prenne la responsabilité de lui apporter la vie sacramentelle et la Tradition des saints Pères de l’Eglise en veillant comme une mère attentive sur ses enfants. Le patriarcat de Kiev nous a confié cette mission tant en France qu’en Italie.

 

Nous avons  pour cela proposé à Sa Sainteté notre patriarche  de fonder bénir ce doyenné,  et nous avons nommé comme doyen le Très Révérendissime  Archiprêtre Petru Parvu, qui a toute notre confiance et à qui nous avons  délégué toute autorité (dans l’amour),  pour diriger et conduire  les prêtres les diacres et les croyant  dans le service de l’Eglise, vers le salut.

 

Nous avons rencontré à Kiev au mois de mai 2016 l’ensemble de vos prêtres Diacre et Sous-Diacres et nous avons  constaté leur maturité dans l’Orthodoxie et  leur zèle pastoral, leur amour de l’Eglise Orthodoxe. Nous sommes fiers comme évêque d’avoir de tels prêtres, diacre, et sous-diacres sous notre omophore en Italie. Ils nous ont rapporté votre ferveur et nous sommes également fiers de vous avoir, Saint Peuple Royal  Orthodoxe, sous notre omophore.

 

Il est donc  de ce fait inutile, et voir même dangereux, de se préoccuper de ce que d’autres orthodoxes (ou prétendant l’être) ainsi que  d’autres sois disant prêtres ou évêque se disant orthodoxes, pensent, disent, colportent, aussi bien des compliments que des  propos malveillants, sur notre patriarcat sa présence en Italie, sur ce doyenné que sur nous-mêmes son métropolite canonique.

 

Seuls votre ferveur, votre participation aux offices vos jeûnes, vos prières, votre confession de la foi orthodoxe, sont importants. Si des problèmes qui méritent  qu’on s’en occupe surgissent,  ce sera au Doyen et à nous-mêmes comme votre Métropolite canonique de les résoudre et en dernier recours le Saint Synode de notre Eglise ; ne vous souciez pas de ces questions  qui ne sont pas de votre responsabilité, mais de celle de votre Métropolite et du Doyen qu’il a désigné pour cela.

 

En conclusion nous voulons vous donner la citation complète  de Saint Ignace d’Antioche qui est la règle universelle qui régit la vie de Eglise afin que vous soyez éclairés de ce qui est important dans l’Eglise et de ce qui ne l’est pas : « Suivez tous l'évêque, comme Jésus-Christ suit son Père, et le presbyterium comme les Apôtres ; quant aux diacres, respectez-les comme la loi de Dieu. Que personne ne fasse, en dehors de l'évêque, rien de ce qui regarde l'Église. Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l'évêque ou de celui qu'il en aura chargé. Là où paraît l'évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique. Il n'est pas permis en dehors de l'évêque ni de baptiser, ni de faire l'agape, mais tout ce qu'il approuve, cela est agréable à Dieu aussi. Ainsi tout ce qui se fait sera sûr et légitime. » (Lettre au Smyrniotes, VIII).

Sa Sainteté Notre  Patriarche Filaret de Kiev et de toute la Russ’Ukraine, en nous bénissant comme votre évêque canonique,  a résolu  tous les problèmes.  Vous êtes dans l’Eglise Orthodoxe et ne vous préoccupez du reste qui est de notre responsabilité. Vivez votre vie spirituelle de croyants pieux et orthodoxes. « Ne vous inquiétez pas du lendemain car le lendemain aura à s’inquiéter de lui-même » (Mt VI, 34)  Et «  Ne vous inquiétez de rien, mais en tout, en priant et en demandant avec action de grâce  (eucharistia), faites connaître à Dieu vos demandes. Et la Paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardera vos cœurs en Jésus Christ. » ( Phi. IV, 6-7)

 

Que la Trinité Toute Sainte vous bénisse.

 

Avec amour en Christ

 

+Métropolite Michel de Paris et de toute la France.

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Donné le Dimanche de l’Aveugle né 5 juin 2016 ( 23 mai calendrier julien) Fête de Saint Michel le Confesseur évêque de Synnade


25/01/2017
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