Éparchie Orthodoxe de Paris France Ukraine

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CARNET DE CARÊME


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CARNET DE CARÊME

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Son Éminence notre Métropolite Michel de Paris et de toute la France égraine des pensées que lui inspirent les prières du Triode de Carême dans un carnet qu'il publie sur sa page FaceBook. Nous recueillons  ces écrits sous le titre " Carnet de Carême " 

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Depuis Dimanche nous pensons à dire à tous ceux que nous connaissons : Pardonne-moi et prie pour moi! Si nous mourrions juste après l'avoir véritablement prononcé avec notre cœur rempli alors du pardon du Christ puisé à la source de Son Sang versé sur Sa Croix nous serions certain d'être sauvé.  Car le pardon est consubstantiel à La Croix et par La Croix nous sommes sauvés. Nos pêchés seraient écarlates si nous remettons à tous nos débiteurs toutes  leurs dettes, le Christ nous a promis dans le "Notre Père" de nous remettre à nous aussi  toutes nos dettes. Certes les larmes purifient l'âme, certes l'humilité nous ouvre la porte du Royaume des Cieux, certes la charité envers les nécessiteux a sa récompense, mais seul le pardon illimité et l'amour des ennemis nous donnent à nous les grands pêcheurs l'assurance de notre salut. Notre âme  en demandant pardon rentre dans l'énergie de la grâce du pardon et elle est greffée à l'Arbre de La Croix. Pardonnez moi Frères et Sœurs et priez pour moi

+Métropolite Michel Laroche

 

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Vigile du jeudi de la Première semaine du Grand Carême Lecture  du Grand Canon de Saint André de Crête.        

Les nouvelles miettes du festin.            

 Pour tous ceux qui ont des difficultés à prier et même pour ceux qui reçoivent du Saint Esprit (qui est l'Auteur de toute véritable prière) le charisme de la  prière,  il existe surtout en ce temps de Carême un moyen sûr de recevoir des dons immérités, gratuits et' abondant. Des repas abondants sont servis, des tables dressées, des invitées prestigieux attablés autour du Roi et de La Reine, une myriade de serviteurs zélés servent et des miettes, parfois même des morceaux de choix tombent des tables. Où se rouvrent un tel festin que nous nous y précipitions ? Dans la vie des saints!

Car le Seigneur permet qu'au travers de la vie des saints les grâces qu'ils ont accumulé leur vie entière soient contenues dans leurs récits. Chaque table reçoit des mets différends et nourrissants. En lisant la vie des saints nous recevons des arrhes des dons qu'ils ont eux mêmes reçu en abondance: Métanoia, vision de ses pêchés, baptême des larmes, pardon illimité et amour des ennemis, paix de l'âme, joie de la Résurrection, patience dans les épreuves... puisons, ramassons en nous courbant spirituellement vers le sol où sont dressés ses tables pour ramasser ce festin de miettes du Festin.

+ Métropolite Michel Laroche.

                                                                     

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 En ces premiers jours de la première semaine de Carême que notre jeûne soit celui des lèvres :ne jugeons ni ne médisons sur notre prochain; le jeûne de notre cœur : prions le Seigneur sur Sa Croix afin de comprendre ce mystère; Il est mort non seulement pour nous pardonner de nos péchés, mais il a uni notre vie à la Sienne dans Sa Chair transpercée. Il a unit dans Sa Chair offerte pour notre salut la vie de notre persécuteur, de notre calomniateur en nous rappelant son commandement le plus important : l'amour des ennemis. En unissant en Lui notre vie et celle de notre ennemi il nous apprend l'amour des ennemis et le pardon illimité. L'amour des ennemis a sa source dans la Chair crucifiée du Christ. Voilà notre véritable jeûne pour cette première semaine du Grand Carême. Je voudrai ajouter une ascèse supplémentaire et utile à notre âme, que je nommerai le jeûne au-dessus du jeûne : faire un diptyque pour le temps du Carême avec en premier les noms de tous ceux avec qui durant notre vie nous avons eu les conflits, des rancœurs, ceux qui nous ont persécuté, qui nous ont trahis et qui nous haïssent.Ce diptyques nous devons le lire à haute voix durant tous ce Carême en disant après chaque nom:" Seigneur lui ( ou elle) sera sauvé et moi j'irais en enfer à cause de mes péchés" Cette prière nous unira plus que tous les autres jeûnes à la Croix et à la Chair crucifiée de Celui qui est mort en pardonnant à ceux qui l'avaient crucifié. Le pardon est toujours une crucifixion et sans Celui ( le Christ crucifié) qui s'est laissé crucifié sur sa croix pour nous pardonner, il n'y aurait pas de pardon possible. Le chemin du pardon est sans limite humaine, car il s'inscrit dans l'énergie divine du pardon du Christ. Je ne pardonne pas de mon fond limité humain, je pardonne en me greffant à l'arbre de la Croix le nouvel arbre de vie et en y puisant en synergie avec mon libre arbitre ( choisir de pardonner) la sève bienfaisante du pardon christique

+ Métropolite Michel de Paris. 

 

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 Je tiens à le redire car aujourd'hui comme évêque je confesse rarement laissant ce grand ministère de l'amour du Christ aux prêtres. Jamais lorsque j'étais prêtre de paroisse je n'ai confessé une personne sans au préalable me considérer avant de l'entendre, en l'entendant et après l'avoir entendu comme plus pêcheur qu'elle. Un prêtre Orthodoxe à la vie vertueuse m'entendant exprimer cette pensée me disait hier :" Mais Wladika comment est-ce possible si il reconnaît avoir commis l'adultère?
Vous ne pouvez pas vous reconnaître plus pêcheur que lui car si vous aviez commis l'adultère vous devriez cesser d'être évêque." Je répond à ce prêtre vertueux:" D'abord je bénis intérieurement en m'adressant au Seigneur et à la Mère de Dieu en les remerciant par leur grâce de m'avoir empêché de tomber moi l'impure dans ce même pêché. Ensuite mon Père je considère l'orgueil et l'hérésie comme des pêchés bien pire que le pêché de chair. Car après le pêché de chair le Roi David, La Pécheresse, Sainte Marie l'Egyptienne et Sainte Exodie ont trouvé l'humilité et Le baptême des larmes, alors que de l'orgueil et son enfant l'hérésie je n'ai que rarement trouvé de repentir. "
Que leur donnez vous comme éptimie? Me demande ce prêtre. Les privez vous de l'Eucharistie!? Je lui répond :" Si il y a le repentir et la ferme résolution de se tenir dans le chemin de La vertu et des larmes alors comment pourrai-je moi l'évêque pêcheur séparer le malade du Médecin, les séparer de Celui qui a dit : je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pêcheurs je ne suis pas venu pour les biens portants mais pour les malades! Je me considère comme le premier des pêcheurs ( Saint Paul). Comment puis je dès lors oser priver de la Vie ceux qui sont au bord de la mort spirituelle? Comment priver de l'espérance de la Résurrection ceux qui sont dans les tombeaux? Le Christ Eucharistique est la nourriture, le remède, qui donne des forces au pêcheur pour lui permettre de lutter contre le pêché. Sans le Christ Eucharistique je suis privé de Vie et lorsqu' il vient en moi comme chez Zachée le Publicain, il me sort du tombeau et me transmet Sa Vie vivifiante et je m'écrie : Ce n'est plus moi qui vis c'est le Christ qui vit en moi! " Oui je donne l'Eucharistie aux pêcheurs repentant et mon éptimie est toujours la même: je leur demande étant alors enrichi du pardon crucifère du Christ, rempli du Christ Eucharistique d'à leur tour pardonner, pardonner et encore pardonner et aimer leurs ennemis et prier pour eux. Voilà l'éptimie que je donne.

+Métropolite Michel Laroche

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Celui qui voit ses pêchés est plus grand que celui dont la prière ressuscite un mort( Saint Isaac le Syrien. Méditons cette parole en ce temps de Carême. Pour certains le carême est l'arène de la réalisation des vertus jusque là inaccessibles et de l'accomplissement sans exception de tous les jeûnes et des ascèses. Pour d'autres c'est le temps de la mesure, du poids de la balances et d'y placer avant le terrible jugement, non nos prétendues vertus, mais au contraire dans l'auto accusation, nos pêchés, nos erreurs afin de les confesser et de les pleurer . C'est apporter au pied de La Croix librement au Crucifié nos pêchés que le Seigneur a racheté et qu' Il porte dans Sa Chair transpercée, blessée, couronnée d'épines. La vision des pêchés dont parle Saint Isaac le Syrien n'est pas n'importe quelle vision; elle est charismatique donnée par le Saint Esprit : c'est la vision des pêchés rachetés librement par le Christ et qu'Il nous invite à Lui apporter librement au pied de Sa Croix. Ce sont les pêchés pleurés, les pêchés offerts. Oui j'en scandaliserai ici en disant offerts, car nous lui offrons pas comme le Pharisien nos vertus, nos exploits ascétiques, notre rigueur, notre accribie envers notre prochain que nous jugeons comme un pécheur, mais tel le Publicain, la Courtisane et le Roi David nous Lui offrons nos pêchés, nos pêchés et que nos pêchés et nos torrents de larmes. C''est cela la prière du Publicain et celle de la pécheresse que loue le Christ. 
 Alors l'ABBA que questionnait son disciple qui ne comprenait pas comment un saint capable par ses exploits ascétiques, ses vertus et sa prières de ressusciter un mort était selon saint Isaac le Syrien moins grand que celui qui voit ses pêchés. L'ABBA répondit : mon enfant celui qui ressuscite un mort n'a ressuscité qu'un mort extérieur alors que celui qui voit ses pêchés et pleure sur eux a ressuscité son mort intérieur!" C'est pourquoi c'est le second qui est le plus grand."

+Métropolite Michel Laroche

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La bonne et la mauvaise prière dans la Tradition monastique 

 

Notre Éminence Le Métropolite Michel de Paris et de toute la France  nous parle de la bonne et de la mauvaise prière dans la tradition hésychaste Orthodoxe en nous expliquant que c'est dans l'aveux de nos faiblesses que semblable au Publicain, et la femme pécheresse, et à l'apôtre Paul lui-même que se trouve la bonne prière et que le Seigneur manifeste sa force dans la faiblesse de l'homme.

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Il n'existe pas d'authentique vie spirituelle à de très rare exception près, sans participation à la Divine Liturgie ce qui inclut la confession de ses pêchés et La communion au Saint Corps et au Saint Sang du Christ. Les exceptions sont les anachorètes tels Saint
Paul, Saint Onuphre, Sainte Marie l'Egyptienne. Ne nous comparons pas à ces géants nous les nains spirituels, La prière qui ne se nourrit pas du Christ Eucharistique est, même accompagnée de larmes, une illusion, une louange adressée à sa propre idole, une autosatisfaction qui s'oppose à la véritable prière d'auto-accusation du Publicain, du Roi David et de la Pécheresse. La Divine Liturgie Orthodoxe avec les offices qui lui servent de couronne tels le Triode de Carême, le Pentecostère, les canons de préparation à la communion au
Christ Eucharistique, est le consensus ecclésia de la Foi Orthodoxe, La Divine Liturgie Eucharistique est La Vie du Christ qui accomplit dans chaque pêcheurs repentant la Vie en Christ. Se priver volontairement de La Divine Liturgie en disant que la prière personnelle est suffisante, c'est choisir comme le fils aîné de la parabole de ne pas partager avec le Père le Festin préparé pour le Fils Prodigue, c'est choisir l'Enfer à la place du Royaume des Cieux. C'est choisir de se récuser comme dans une autre parabole à l'invitation au Festin des Noces du Fils, soit pour aller cultiver la terre de ce monde, en lieu et place de la Terre Promise du Royaume, soit de se rendre au mariage pourri du Prince de ce Monde, en lieu et place du mariage de Notre âme avec l'Époux. Ne pas se rendre à La Divine Liturgie c'est être en dehors de l'Eglise, car l'Eglise est Eucharistique et sans le Christ Eucharistie personne n'est sauvé.

+ Métropolite Michel Laroche.

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L'amour véritable c'est d'aimer l'autre plus que soi. La foi c'est d'avoir la conscience de la présence de Dieu plus que la conscience de soi-même. L'amour du Christ le Verbe Chair, c'est de l'aimer plus que soi. L'amour pur c'est l'oubli de soi envahi par l'amour de l'Epoux de son âme. Une phrase de l'apôtre Paul rassemble tout ceci:" Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi".(Gal II, 20) Lorsqu'une âme atteint cet amour pur, elle aime toute la création et elle aime ses ennemis. En ce temps de Carême, aimons nos ennemis car c'est l'unique dimension qui nous rapproche de l'amour divin parfait. L'amour des ennemis et la prière pour eux introduit l'âme dans la paix. Il n'existe pas d'autre chemin pour trouver la paix. L'amour des ennemis est supérieur à la vision des anges et même à la vision du Seigneur. A quoi servirait de recevoir le don de la vison de Dieu, si nous n'aimons pas ceux que Dieu aime? Dieu aime tous les hommes et c'est pourquoi il a offert sa Vie sur Sa Croix pour eux. Ceux qui choisissent librement de se séparer du Christ, choisissent l'Hades qui est le lieu mystérieux de la séparation d'avec Dieu. Ce qui brûle les âmes en Enfer, c'est l'amour refusé de Dieu qui ne cesses d'aimer ceux qui le haïssent. L'amour est un feu, l'unique Feu qui réchauffe les uns au Paradis et consume les autres en Enfer. Aimez vos ennemis et priez pour eux et vous trouverez le Christ. La prière sans le pardon des fautes commises contre soi, n'est pas une véritable prière. La prière commence par le pardon imploré de nos péchés, comme le Publicain, le Roi David et la Pécheresse en recevant comme eux en nous l'énergie divine de pardonner. Le pardon c'est la Croix active dans notre vie, car le Christ pardonne à tous sur sa Croix. Celui qui pardonne se laisse crucifier sur la Croix avec le Christ qui pardonne sur sa Croix. Le pardon est notre véritable participation à la Croix.

+Métropolite Michel Laroche.

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02/03/2017
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Lettre du Grand Carême de l’année 2017

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La pensée de la mort et du Jugement dernier comme prière de Carême.

Par Son Éminence le Métropolite Michel de Paris.

 

 


La première strophe du Triode de Carême commence par cette prière :

« Frères, ne prions pas à la manière du Pharisien, car celui qui s’élève devra s’humilier ; humilions-nous plutôt devant Dieu, à la manière du Publicain, et disons comme lui : « Seigneur aie pitié du pécheur que je suis ». ( Lucernaire T.1)

La seconde strophe nous apprend le discernement entre une vie vertueuse et l’humilité :

« Le Pharisien, vaincu par sa vanité, et le Publicain, courbé par le repentir, se présentèrent tous les deux devant toi, notre Unique Seigneur ; le premier, si fier de lui, fut privé de tes biens ; l’autre sobre de mots, fut pourvu de ta grâce largement. Vois mes larmes et rends-moi plus fort, ô Christ notre Dieu, car tu es l’Ami des hommes » ( Lucernaire T.1) .

La troisième strophe nous apprend tout ce que le second baptême des larmes ( Saint Syméon le Nouveau Théologien) apporte en dons et en grâce :

« Seigneur ce que peuvent les larmes, je le sais : des portes de la mort elles sauvèrent Ezéchias, par elles la Courtisane fit oublier tous ses péchés, par elles aussi le Publicain fut justifier, et non point le Pharisien. Avec eux daigne me compter, Seigneur, et prend pitié de moi» ( Lucernaire T.1.) .

Nous sommes dès ces trois premières odes introduit dans le véritable esprit du carême : la recherche de l’humilité, sans laquelle personnes n’est sauvé, et les larmes qu’elle produit sans lesquelles aucune âme n’est purifiée.

Le Bon Larron dont nous avons l’assurance qu’il est sauvé, est introduit au Paradis par sa seule humilité, car il n’avait à se prévaloir d’aucune autre bonne œuvre pour être sauvé. Il n’a apporté au Seigneur sur Sa Croix que la multitude de ses péchés, que des mauvaises actions mais toutes amèrement regrettées. Il s’adresse tout d’abord au Mauvais Larron en lui reprochant d’insulter le Christ et en lui disant: « Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes : mais lui n'a rien fait de mal ». Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans ton Royaume ». Et Jésus lui dit : « Amen, Amen, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc XXIII,39-43) . Le Christ ne demande au Bon Larron, comme à nous mêmes dans ce carême, rien de plus que de se reconnaître pécheur, comme pour le Publicain, la Courtisane, Manassé, Ezéchias, David. La reconnaissance de nos péchés et de pleurer sur notre âme, voilà ce qui nous conduira au salut.

Toute prière se place directement dans le plateau que tiennent les anges redoutables du Terrible Jugement devant le Redoutable Juge. Le Christ l’atteste lorsqu’il prononce les deux sentences, l’une de condamnation et l’autre de salut : « Je vous le dis, ce dernier ( le Publicain) descendit chez lui justifié, l’autre ( le Pharisien) non. Car quiconque s’élève ( le Pharisien) sera abaissé et celui qui s’abaisse ( le Publicain) sera élevé » (Lc XVIII, 10-14) .

Les moines ne doutent pas que lorsque le Christ parle d’être abaissé, il est question de l’Enfer, et d’être élevé, il est question du Paradis et du salut universel.

Personne, lors du Jugement au moment de sa présentation devant le Christ ne pourra ajouter un seul mot, une seule larme, un seul souffle aux prières qu’il aura déjà faites ( ou omis de faire) sur la terre : dès que nous prions, le temps déchu de ce monde est aboli et nous sommes dans l’Apocalypse, le Jugement Dernier, la Parousie, la Seconde Venue sur Terre du Christ avec le partage des boucs ( le Pharisien) et des brebis ( le Publicain, la Pécheresse, Manassé, David, le Bon Larron…). « Prions pour racheter le temps car les jours sont mauvais » ( Eph .V,16) Désigne toute la vanité du Temps déchu de ce monde, et la nécessité d’anticiper sur le temps transfiguré de la Parousie. Car le temps éternel de demain est déjà là qui frappe à notre porte ; et lorsque le Christ s’adresse à nous tous : « Au plus petit à qui vous ne l’avez pas fait c’est à moi que vous ne l’avez pas fait ». (Mt XXV, 31-46) Le Pharisien regardera toujours dans l’autre un plus petit que lui-même « Ce publicain ». Alors que le Publicain, la Courtisane, Manassé, Ezéchias, David, dans les larmes amères de la componction se reconnaissent chacun comme étant le « Plus petit ». Voilà l’humilité et les larmes qui purifient de ses souillures notre maison intérieure. Les moines ne prient pas autrement qu’en se plaçant intérieurement dans la situation du Jugement Dernier dans une auto-accusation permanente et douloureuse de leurs péchés qu’ils voient plus nombreux que le sable de la mer ( Saint Pierre Damascène).

Après notre trépas, notre âme n’aura à présenter au Christ aucune réalisation matérielle, même les plus glorieuses aux yeux des hommes. Le Pharisien, n’en doutons pas, était pourvu de bonnes œuvres. Il donnait aux pauvres, il était présent aux offices religieux, il travaillait jusqu’ à l’épuisement pour nourrir sa famille. Il avait des engagements de service dans la vie de sa ville. Ses vertus ne se comptaient pas ; mais avec elles il nourrissait son autosatisfaction et édifiait son idole de soi-même. « Je me suis édifié ma propre idole souillant mon âme de passions» (Ode 3. Jeudi de la Première Semaine) Toute sa vie il accomplissait sa volonté propre et non celle de Dieu. Nous ne disons pas ici, qu‘il ne faut pas remplir ses devoirs en ce monde, mais en premier, en premier, en premier : toujours chercher à accomplir la volonté de Dieu ce qui est totalement autre chose que nos engagements les plus louables en ce monde déchu.

Dieu voit ce que nous ne voyons pas, et Dieu ne voit jamais comme nous croyons voir.

Peu de personnes chrétiennes aujourd’hui se placent réellement dans cette double perspective : Plaçons-nous toutes nos actions devant Dieu ? Et la seconde question qui provient immédiatement après celle-ci : Avons nous réellement cherché à accomplir dans notre vie la volonté de Dieu ou seulement au travers de multiples justifications, à satisfaire notre volonté propre en la revêtant des meilleurs intentions ?

La mort viendra, et elle vient toujours. La pensée de la mort est contenue dans cette parole du Seigneur : « Je viendrai comme un voleur ! » (Apoc. XVI, 15), concerne tout autant la Seconde venu du Christ avec le Jugement dernier, que l’heure de notre propre mort. Ce qui signifie, que nous ne connaissons pas le jour et l’heure de notre départ vers Lui qui examinera notre vie. Les moines n’attendent pas la mort pour se présenter chaque jour dans leurs prières devant le tribunal du Christ, lors de sa seconde venue sur terre : « Dans les larmes, venez, prosternons-nous, fidèles, devant Celui qui nous jugera lorsque les cieux seront ébranlés, lorsque les étoiles tomberont et la terre chancellera, afin de trouver grâce finalement auprès de Dieu » (Dimanche de Carnaval Ode 7, 2 ème Strophe).

Si ce jour et cette heure nous étaient annoncés, que de priorités urgentes en ce monde pour nous avant de connaître ce moment, nous apparaîtraient soudain dérisoires remplies de fausses lumières qui n’éclairent pas, de fausses chaleurs qui ne réchauffent pas et de fausses consolations qui ne consolent pas !

La pensée de la mort nous projette dans le jugement du Christ sur notre vie. C’était la pensée du Publicain qui gémissait en pleurant sur les vanités de sa vie ; c’était celle de la pécheresse (Courtisane) qui pleurait sur les fausses consolations de sa vie ; c’était les larmes du roi David qui pleurait sur la femme qu’il avait choisie en dehors de la volonté de Dieu, car elle était déjà mariée.

Bon et saint Carême
Que la Trinité Toute sainte vous bénisse tous.

+Métropolite Michel de Paris et de toute la France
Évêque du Doyenné Saint Petro Moghyla d’Italie.

Великопостное Послание 2017 года

Молитвенное размышление о смерти и Страшном Суде во время поста.


Его Высокопреосвященство Митрополит Парижский Михаил.

Этой молитвой начинается первая строфа постной Триоди:

"Братья, не молимся как фарисей, ибо тот, кто возвышается, будут унижен; но смиримся пред Богом, как мытарь, и скажем: "Господи, помилуй меня грешного». (Светилен, Гл.1)

Другой стих ясно учит нас связи добродетельной жизни и смирения:

"Фарисей, побеждённый тщеславием и кающийся мытарь, предстоят оба пред Господом единым; один гордыней лишил себя Твоих благ; другой простыми словами наполнил себя Твоей благодатью. Призри на мои слезы и укрепи меня, Христе Боже наш, яко ты есть человеколюбец "(Светилен, Гл.1).

Третий стих говорит всем нам о втором крещении, крещении слезами (согласно Преподобному Симеону Новому Богослову), что дарует благодать:

"Господи, я знаю что могут слёзы: от врат смерти они спасли Езекию, ибо они спасли блудницу от грехов, а также мытарь был оправдан, но не фарисей. Сочетай и меня с ними, Господи и помилуй меня "(Светилен, Гл.1).

Поэтому первые три стиха вводят нас в Великого поста в истинном духе: поиск смирения и слез, которые он производят и без которых нет спасения человеку, без которых ни одна душа не очистится.

Благоразумный разбойник, о котором мы знаем, что он был спасен, будет введен в Царство Божие только по причине его смирения. Поскольку у него не было каких-либо добрых дел, чтобы быть спасенным, он ничего не принес Господу на Кресте, за множество своих грехов, преступлений, кроме как раскаяние. Он во-первых обратился к другому разбойнику, который обвинял и оскорблял Христа: «Один из повешенных злодеев злословил Его и говорил: если Ты Христос, спаси Себя и нас. Другой же, напротив, унимал его и говорил: или ты не боишься Бога, когда и сам осужден на то же? и мы осуждены справедливо, потому что достойное по делам нашим приняли, а Он ничего худого не сделал. И сказал Иисусу: помяни меня, Господи, когда приидешь в Царствие Твое! И сказал ему Иисус: истинно говорю тебе, ныне же будешь со Мною в раю.» (Лк XXIII, 39-43) . Христос не просит Благоразумного разбойника, как и нас самих, во время этого великого поста, ничего больше, только признать, себя грешниками, как это сделали Мытарь, Блудница, Манассия, Езекия, Давид. Признание грехов и плач нашей души, это то, что и приведет нас к спасению.

Всякая молитва приходит в сосуд, что держат грозные ангелы Страшного Суда,. Христос свидетельствует на Страшном Суде, когда он произнесёт два приговора. Один осуждающий, а другой – во спасение: «Сказываю вам, что сей (Мытарь) пошел оправданным в дом свой более, нежели тот (Фарисей): ибо всякий, возвышающий сам себя (Фарисей), унижен будет, а унижающий себя (Мытарь) возвысится.» (Лк, XVIII, 10-14) .

Например, у монахов нет сомнений в том, что, когда Христос говорит об унижении, имеется ввиду ад, а под возвышением подразумевается рай и конечное спасение души.

Человек, во время Суда, в то время, когда он предстанет пред Иисусом, не может уже добавить ни одного слова, ни одной слезы, ни одного дыхания на молитве, чтобы что-нибудь ещё сделать (или не сделать) на земле. Когда мы молимся, упраздняется время нашего падшего мира и мы вступаем в Апокалипсис, Судный день, наступает Второе Пришествие на Землю Христа, отделяющего козлов (Фарисей) от овец (мытарь, блудница, Манассия, Давид, Благоразумный разбойник...). «Молитеся, чтобы дорожить временем, потому что дни лукавы» (Еф .V,16). Наступает необходимость, когда вся временная суета этого падшего мира временно преображается, как это произойдёт в момент Пришествия. Потому что пора будущей вечности уже здесь и сейчас, когда кто-то стучится в нашу дверь и когда Христос обращается ко всем нам: «так как вы не сделали этого одному из сих меньших, то не сделали Мне». (Мф., XXV, 45) Фарисей всегда будет смотреть с презрением, говоря «этот мытарь». В то время как Мытарь, блудница, Манассия, Езекия, Давид с горькими слезами умиления познàют, что каждый из них и есть «самый малый». Только смирение и слезы очищают от скверн храм нашей души. Монахи не молятся иначе, чем внутренне поставив себя в положение обвиняемого на Страшном Суде, с постоянным и мучительным самоукорением, видя грехи свои числом более, нежели песок морской (Святой Петр Дамаскин).

После того, как придёт наша смерть, наша душа не будет предстанет перед Христом такой, какая она есть, без всяких земных почестей, какими бы мы ни обладали достоинствами в глазах людей. Фарисей, без сомнения, делал добрые дела. Он подавал бедным, присутствовал на богослужениях, работал до изнеможения, чтобы прокормить свою семью. Он выполнял свои обязательства относительно жизни своего города. У него много достоинств. Но они питали его самодовольство и воздвигали в нём своего собственного кумира самому себе. «Воздвиг я моего идола грязнить мою душу страстьми» (Песнь 3. В четверг Первой Недели) Всю свою жизнь он исполнял свою собственную, а не божью, волю. Мы не имеем ввиду здесь то, что не надо выполнять свои обязанности в этом мире, но то, что на самом первом месте всегда должно быть стремление исполнить волю Божью, что неизмеримо важнее всех наших земных дел в падшем мире, как бы наши дела не были достойны похвалы.

Бог видит то, что мы не видим, и Бог никогда не видит так, как мы думаем, что он видит.

Сегодня мало христиан имеют такой образ мыслей на самом деле: видит ли все наши действия Бог? И второй вопрос, который приходит сразу после первого: на самом ли мы деле стремимся исполнять в нашей жизни волю Божью или, посредством бесчисленных самооправданий, под благовидными предлогами, исполняем свою собственную волю?

Смерть придет, она приходит всегда. Мысль о смерти также есть в этих словах Господа: «Я приду, как вор!» (Откр. XVI, 15) Это касается и Второго Пришествия Христа и Судного дня, который наступает в час нашей смерти. Это означает то, что мы не знаем день и час нашего отхода к Нему, Тому, Кто рассмотрит как мы жили. Монахи не ждут смерти для того, чтобы предстать перед судом Христа. Они каждый день в молитве находятся как бы во время его Второго Пришествия на землю: «и слезами, приидите, поклонимся, верные, перед Тем, Кто будет судить нас, когда небеса будут потрясены, когда звезды упадут и земля поколеблется, да обретём благодать Божью» (Неделя Сырная Песнь 7, 2-я Строфа).

Об этом дне и этом часе нам сказано для того, чтобы мы определили, что для нас важно в этом мире, чтобы мы, еще пока не знающие когда именно этот миг наступит, не последовали бы за ложными целями и миражами и тем светом, который не светит, и теми ложными утешениями, что не утешают, нет!

Мысль о смерти, нас, всю нашу жизнь, прямо ставит на суд Христов. Таков был образ мыслей Мытаря, который тоже оплакиывл суетность своей жизни, у грешницы в Евангелии, которая оплакивала ложные радости своей жизни, это были также слезы Царя Давида, который плакал о жене, которую он выбрал помимо воли Божьей, не взирая на то, что она уже была замужем.

Приятного и святого поста.
Да благословит всех вас Пресвятая Троица.

+Митрополит Парижский и всей Франции Михаил,
Епископ Благочиния святого Петра Moгилы в Италии.


22/02/2017
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